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L’OCDE plaide pour une meilleure couverture des risques au Maroc

Mardi 17 Mars 2026 - 11:00
Par: Naji khaoula
L’OCDE plaide pour une meilleure couverture des risques au Maroc

Face à la multiplication des catastrophes naturelles et des menaces numériques, le Maroc est invité à revoir en profondeur ses mécanismes de protection financière. Dans un récent rapport, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) met en lumière les fragilités du système actuel et propose des pistes pour renforcer la résilience du pays face aux risques majeurs.

Une accumulation de crises révélatrices

Les inondations survenues début 2026 dans plusieurs régions, notamment à Ksar El-Kébir et Sidi Kacem, ont entraîné l’évacuation de près de 140.000 personnes. Quelques mois auparavant, la ville de Safi avait déjà été touchée par des crues soudaines. Ces événements climatiques s’inscrivent dans une tendance plus large liée au changement climatique et à l’intensification des épisodes pluvieux.

À cela s’ajoute le traumatisme du séisme d’Al Haouz, qui a causé des milliers de victimes et détruit des dizaines de milliers d’habitations, illustrant l’ampleur des dégâts que peuvent provoquer des catastrophes rares.

Parallèlement, le pays fait face à une montée des cybermenaces, avec des millions de tentatives d’attaques recensées ces derniers mois. Cette évolution s’explique notamment par la digitalisation croissante de l’économie, qui expose davantage les entreprises, en particulier les PME.

Une couverture assurantielle encore insuffisante

Selon l’OCDE, ces crises successives mettent en évidence les limites des dispositifs actuels. Au Maroc, moins de 30 % des pertes liées aux inondations sont couvertes par des assurances, contre plus de 50 % dans de nombreux pays membres de l’organisation. Cette situation accroît la dépendance aux aides publiques, un modèle jugé peu soutenable à long terme.

Les risques d’inondation apparaissent particulièrement préoccupants dans certaines zones urbaines vulnérables, tandis que les cyberattaques représentent une menace croissante pour les infrastructures et les données des entreprises.

Vers des mécanismes public-privé renforcés

Pour répondre à ces défis, l’Organisation de coopération et de développement économiques recommande une approche différenciée selon la nature des risques. Pour les événements fréquents, comme les inondations ou les cyberattaques, elle préconise la mise en place de mécanismes de mutualisation associant acteurs publics et privés.

Parmi les solutions avancées figurent la création de dispositifs de réassurance publique pour les zones exposées aux inondations, ainsi que le développement d’offres d’assurance plus accessibles pour les entreprises face aux cyberrisques. Des systèmes de co-garantie pourraient notamment faciliter l’accès des PME à des couvertures adaptées.

Le rôle clé de la prévention

Le rapport insiste également sur l’importance des politiques de prévention. Une tarification des assurances basée sur le niveau réel de risque pourrait inciter les ménages et les entreprises à investir dans des mesures de protection. En contrepartie, des réductions de primes pourraient être accordées aux assurés les plus prévoyants.

Construire un modèle plus résilient

Pour les catastrophes rares mais dévastatrices, comme les séismes, l’OCDE considère que l’intervention publique reste indispensable. Toutefois, elle souligne la nécessité d’une meilleure coordination entre l’État, les assureurs et les acteurs économiques.

Dans un contexte marqué par la montée des risques climatiques et numériques, le Maroc est ainsi appelé à bâtir un système de protection financière plus robuste, capable d’anticiper les crises plutôt que d’y répondre dans l’urgence.


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