La Banque mondiale anticipe une trajectoire économique stable pour le Maroc
La Banque mondiale anticipe une trajectoire stable pour l’économie marocaine à l’horizon 2026-2027, avec une croissance prévue de 4,4 % pour ces deux années consécutives. Ce rythme reflète la résilience du pays dans un contexte mondial incertain, tout en soulignant les limites d’un modèle encore dépendant de moteurs conjoncturels et confronté à un défi structurel majeur : franchir un nouveau palier de développement.
Selon les projections de l’institution de Bretton Woods, le Maroc pourra compter sur un socle de croissance soutenu par la demande intérieure et la diversification progressive de son appareil productif. Toutefois, certains secteurs pourraient ralentir, notamment l’agriculture, après un rebond favorable lié aux conditions climatiques, et l’industrie manufacturière, dont l’expansion devrait rester modérée.
Cette stabilité à 4,4 % sur deux exercices traduit un équilibre fragile entre facteurs de soutien et éléments de freinage. Dans un environnement international marqué par le durcissement des conditions financières, la fragmentation des échanges et les tensions géopolitiques persistantes, le Maroc devrait maintenir une dynamique supérieure à celle de plusieurs économies comparables, sans pour autant amorcer une nouvelle phase d’accélération.
Pour la Banque mondiale, cette projection reflète également les limites d’un modèle économique qui nécessiterait des réformes structurelles plus profondes. L’amélioration de la productivité, la qualité de l’emploi, la montée en gamme industrielle et l’attractivité de l’investissement privé sont autant de leviers encore insuffisamment mobilisés pour permettre un saut qualitatif. Ainsi, la stabilité de la croissance constitue un signal ambivalent : elle rassure sur la solidité macroéconomique, mais révèle aussi un potentiel d’essoufflement à moyen terme.
Sur le plan régional, le Maroc se situe parmi les économies importatrices de pétrole, dont la croissance moyenne devrait tourner autour de 4 % à moyen terme. À l’inverse, les pays exportateurs d’hydrocarbures, notamment dans le Golfe, devraient connaître une accélération plus marquée, portée par la production pétrolière et la vigueur des activités non liées au pétrole.
La Banque mondiale conclut que la trajectoire économique du Maroc pour 2026 et 2027 reste étroitement liée à ses secteurs clés, à la demande extérieure et aux conditions de financement globales. Cette stabilité illustre une gestion maîtrisée du cycle économique dans un contexte international complexe et une région aux dynamiques contrastées.
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