La Bourse de Casablanca pourrait gagner en attractivité en 2027
Malgré un ralentissement attendu de la croissance des bénéfices des sociétés cotées, BMCE Capital Global Research estime que les valorisations de la Bourse de Casablanca devraient devenir plus attractives en 2027. Le résultat net part du groupe des 40 entreprises suivies progresserait de 6,9 % pour atteindre 54,1 milliards de dirhams, tandis que le ratio cours/bénéfices reculerait à 16,8 fois. Les banques, les mines, l’électricité et le BTP figurent parmi les principaux moteurs attendus de cette évolution.
La Bourse de Casablanca pourrait aborder l’année 2027 avec des valorisations plus modérées, malgré une progression moins rapide des bénéfices des entreprises cotées. C’est l’une des principales conclusions des dernières projections de BMCE Capital Global Research (BKGR), qui anticipe une poursuite de la croissance des résultats sur son périmètre de 40 sociétés suivies.
Selon ces estimations, le résultat net part du groupe (RNPG) cumulé devrait atteindre 50,6 milliards de dirhams en 2026, soit une hausse de 11,4 % sur un an. En 2027, la progression ralentirait à 6,9 %, portant cet agrégat à 54,1 milliards de dirhams.
Cette évolution ne traduit toutefois pas nécessairement un affaiblissement généralisé des entreprises cotées. Les prévisions sont notamment influencées par des éléments exceptionnels, dont les effets peuvent modifier sensiblement la croissance annuelle des bénéfices publiés.
Des valorisations attendues en baisse
L’un des indicateurs mis en avant par BKGR concerne le PER, ou ratio cours/bénéfices, qui rapporte la valeur boursière d’une entreprise à ses bénéfices. Selon les projections du bureau de recherche, ce ratio passerait de 20,6 fois les bénéfices en 2025 à 16,8 fois en 2027.
Ce niveau serait inférieur à la moyenne historique de 20,3 fois retenue dans l’analyse. Pour BKGR, cette évolution soutient l’idée d’un marché offrant des valorisations plus attractives à l’horizon 2027, sous réserve de la réalisation des prévisions de bénéfices et de l’évolution des cours.
Le PER reste néanmoins un indicateur parmi d’autres. Son interprétation dépend notamment des perspectives de croissance, du niveau des taux d’intérêt, des risques sectoriels et de la capacité des entreprises à concrétiser leurs résultats attendus.
Les banques et les mines en soutien des bénéfices en 2026
Pour 2026, la progression organique des bénéfices devrait bénéficier principalement des contributions des secteurs bancaire et minier.
En excluant l’effet exceptionnel lié au litige opposant Maroc Telecom à Wana, BKGR estime que la capacité bénéficiaire progresserait d’environ 5 milliards de dirhams, soit une croissance organique de 11,3 %.
Les banques contribueraient à cette hausse à hauteur de 2,2 milliards de dirhams, tandis que les sociétés minières apporteraient près de 2 milliards de dirhams, hors plus-values exceptionnelles.
Ces contributions illustrent le poids des établissements financiers et des entreprises extractives dans l’évolution des résultats agrégés du marché. Elles soulignent également l’importance de distinguer la croissance récurrente des bénéfices des gains ponctuels susceptibles de gonfler les performances annuelles.
L’électricité, le transport et le BTP prendraient le relais en 2027
En 2027, les moteurs de la croissance bénéficiaire devraient évoluer. BKGR prévoit une progression organique de 10,2 %, malgré une hausse plus limitée du RNPG publié.
Les banques resteraient un contributeur important, avec une progression estimée à 1,5 milliard de dirhams. Les secteurs de l’électricité et du transport apporteraient ensemble environ 1,1 milliard de dirhams supplémentaires, tandis que le BTP contribuerait à hauteur de 900 millions de dirhams.
La contribution additionnelle des mines serait, en revanche, limitée à 100 millions de dirhams selon les projections. Ce ralentissement s’expliquerait notamment par l’absence, en 2027, d’un gain exceptionnel attendu en 2026 chez Managem.
La distinction entre résultats publiés et croissance organique est donc essentielle pour comprendre les perspectives du marché. Une progression annuelle moins élevée peut en effet coexister avec une dynamique opérationnelle solide lorsque l’exercice précédent a bénéficié d’éléments non récurrents.
Un marché dont l’attractivité dépendra de la concrétisation des prévisions
Les projections de BKGR dessinent ainsi un marché marocain dont les bénéfices continueraient de progresser, avec une contribution croissante de plusieurs secteurs liés au financement de l’économie, aux infrastructures et à l’énergie.
La baisse attendue du PER pourrait renforcer l’attrait des valorisations, mais elle reste conditionnée à la réalisation des bénéfices anticipés et à l’évolution des cours boursiers. Les écarts entre les entreprises et les secteurs devraient également demeurer importants.
À l’approche de 2027, l’attention des investisseurs devrait ainsi porter autant sur les niveaux de valorisation que sur la qualité des résultats, leur caractère récurrent et la capacité des sociétés cotées à maintenir leur croissance.
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