La filière marocaine de la tomate confrontée à une campagne difficile et à une baisse des exportations
La filière marocaine de la tomate a connu une campagne 2025-2026 particulièrement éprouvante, marquée par des conditions climatiques défavorables, des maladies phytosanitaires persistantes et des difficultés logistiques. Ces différents facteurs ont entraîné une baisse significative des exportations, qui ont reculé de 11 % pour s’établir à 549 000 tonnes contre 620 000 tonnes lors de la campagne précédente.
Selon les professionnels du secteur, cette saison figure parmi les plus complexes de ces dernières années. Les intempéries survenues à partir de la fin du mois de février ont provoqué d’importants dégâts dans les zones de production, détruisant plusieurs milliers d’hectares de serres. D’autres épisodes venteux enregistrés en avril et en mai ont accentué les difficultés rencontrées par les producteurs.
Malgré ces revers, les opérations de reconstruction des infrastructures agricoles ont progressé. Toutefois, cette remise en état représente un investissement considérable pour les exploitations, confrontées à la hausse des coûts des matériaux, notamment le plastique utilisé pour les serres, ainsi qu’à l’augmentation des charges liées à la main-d’œuvre.
Des maladies qui continuent de peser sur les rendements
Au-delà des aléas climatiques, les producteurs ont dû faire face à une pression sanitaire importante. Le mildiou et le virus ToBRFV ont fortement affecté les cultures, réduisant les rendements malgré l’introduction de variétés plus résistantes.
Les rendements observés durant la campagne ont parfois chuté entre 100 et 150 tonnes par hectare, un niveau inférieur aux performances habituellement recherchées. Cette situation a contribué à augmenter les coûts de production, estimés entre 5 et 6 dirhams par kilogramme de tomate, alors même que les prix pratiqués sur le marché intérieur ne permettent pas toujours de couvrir ces charges.
Des difficultés logistiques pénalisantes
La filière a également été confrontée à des perturbations dans la chaîne logistique. Les encombrements enregistrés dans certains ports stratégiques ont ralenti l’acheminement des marchandises vers les marchés étrangers. Ces retards ont parfois entraîné une dégradation de la qualité des produits à leur arrivée et généré des pénalités commerciales pour les exportateurs.
Cette situation a contribué à fragiliser davantage un secteur déjà sous pression et à réduire sa compétitivité sur plusieurs marchés internationaux.
Une évolution des choix de production
Face à l’accumulation des contraintes, certains producteurs, notamment les plus petits exploitants, envisagent de réorienter leurs activités vers des cultures jugées plus rentables ou moins risquées. Le poivron et les fruits rouges figurent parmi les alternatives les plus fréquemment citées.
Cette tendance pourrait progressivement modifier la structure de la production maraîchère marocaine si les difficultés rencontrées dans la filière tomate persistent au cours des prochaines campagnes.
Des risques pour l’approvisionnement du marché local
Les professionnels alertent également sur les conséquences potentielles pour le marché national. La rentabilité insuffisante des ventes locales pourrait entraîner des périodes plus fréquentes de tension sur l’approvisionnement, notamment lorsque les coûts de production dépassent les revenus générés par la commercialisation.
Dans ce contexte, les représentants du secteur appellent à un soutien accru des pouvoirs publics afin d’accompagner les producteurs, préserver la compétitivité de la filière et garantir la pérennité d’une activité stratégique pour l’agriculture marocaine.
Des exportations en recul sur plusieurs marchés
Les chiffres présentés lors de la conférence « Maroc Tomate 2026 » confirment la tendance baissière observée cette saison. Les exportations de tomates marocaines ont diminué de 11 % en volume. Les tomates rondes enregistrent un recul de 15 %, tandis que les tomates segmentées affichent une baisse de 8 %.
Les expéditions à destination de l’Europe et du Royaume-Uni ont également diminué de 12 %, illustrant les difficultés rencontrées par les opérateurs marocains dans un contexte de forte pression économique et logistique.
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