La guerre de l’eau en Cisjordanie : les colons accusés de cibler les ressources palestiniennes
Alors que les tensions s’intensifient en Cisjordanie occupée, une autre guerre, plus silencieuse mais tout aussi destructrice, fait rage : celle de l’eau. À Ein Samiyah, l’une des sources les plus vitales du territoire palestinien, la bataille ne se mène pas seulement sur des lignes frontalières, mais à l’intérieur même des canalisations.
Soubhil Olayan, responsable d’un service local de l’eau, en est le témoin direct. Depuis son poste de surveillance, il observe la source d’Ein Samiyah, qui fournit quotidiennement de l’eau à près de 110 000 personnes. Récemment, une attaque menée par des colons israéliens a endommagé l’infrastructure de pompage, interrompant l’approvisionnement de plusieurs villages.
« Il n’y a pas de vie sans eau », rappelle M. Olayan, conscient que chaque goutte perdue est une menace directe à la survie de sa communauté.
Une stratégie de pression silencieuse
Selon Issa Kassis, président du conseil d’administration de la Jerusalem Water Undertaking, ces attaques ne sont pas anodines. Il s’agit, selon lui, d’une stratégie de déplacement forcé, subtile mais efficace : couper l’eau pour pousser les habitants à quitter leurs terres.
Les faits sont multiples. À Al-Auja, des colons auraient récemment détourné la source d’eau en amont. À Dura al-Qaraa, les habitants n’ont plus le droit de forer de puits, malgré la raréfaction de l’eau et l’abandon progressif des terres agricoles.
Une situation aggravée depuis octobre 2023
Depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, les violences en Cisjordanie se sont multipliées. Les colons, parfois armés, multiplient les incursions. La semaine précédant l’attaque contre Ein Samiyah, un jeune Palestino-Américain a été tué à Sinjil.
Le gouvernement israélien est accusé par plusieurs responsables palestiniens de cautionner tacitement ces actions. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, lui-même colon, a même déclaré en novembre dernier que 2025 serait l’année de l’annexion complète de la Cisjordanie.
Disparités et contrôles légaux
La zone C, qui couvre plus de 60 % de la Cisjordanie, est totalement contrôlée par Israël. C’est dans cette zone que les restrictions sur les forages sont les plus sévères. Un projet de l’ONU et de la Banque mondiale visant à améliorer l’accès à l’eau a été abandonné à cause de ces obstacles légaux.
Selon l’ONG israélienne B’Tselem, les inégalités sont criantes : 100 % des colons israéliens ont accès à l’eau courante chaque jour, contre seulement 36 % des Palestiniens en Cisjordanie.
Une urgence humanitaire
La situation à Dura al-Qaraa illustre l’urgence : les champs sont à l’abandon, les puits sont secs, et l’accès à la source d’Ein Samiyah est désormais risqué. « Chaque année, l’eau diminue et la crise s’aggrave », alerte Rafaa Kacem, membre du conseil local.
Dans un territoire déjà accablé par l’occupation et les conflits, l’eau devient une arme. En s’attaquant aux ressources vitales, les colons accentuent une pression invisible mais dévastatrice sur les populations palestiniennes. Plus que jamais, cette guerre de l’eau souligne les enjeux géopolitiques, humains et éthiques d’un conflit qui ne connaît pas de répit.
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