La Lettonie dépend largement des engrais phosphatés marocains dans un contexte de tensions sur le marché mondial
En 2025, la Lettonie a importé une part majeure de ses engrais phosphatés depuis le Maroc, représentant environ 81 % de ses approvisionnements. Cette dépendance s’inscrit dans un contexte mondial fragile, marqué par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, susceptibles de perturber l’approvisionnement et d’entraîner une hausse des coûts de production agricole.
Les perturbations logistiques et l’augmentation des prix de l’énergie ont déjà commencé à influencer le prix des engrais, ce qui pourrait se répercuter sur celui des denrées alimentaires. Si la Lettonie ne dépend que marginalement des engrais provenant du Golfe persique hormis la potasse importée de Jordanie – l’interconnexion des marchés mondiaux rend le pays sensible aux conflits régionaux, notamment aux risques de blocage du détroit d’Hormuz ou à une intensification des activités militaires pouvant affecter le transport des matières premières.
Selon Ģirts Ozols, directeur de la division agricole de la coopérative Latraps, « la majorité des producteurs partenaires étant basés en Europe, les livraisons se font principalement par voie terrestre ou via la mer Baltique. Les engrais restent disponibles et de nombreux agriculteurs ont sécurisé leurs stocks pour le printemps. Toutefois, les tensions géopolitiques ont déjà entraîné une hausse des prix sur les marchés internationaux. »
Les statistiques de 2025 montrent que les engrais azotés provenaient surtout de Lituanie (35 %), d’Ouzbékistan (14 %), des Pays-Bas et de Belgique (13 % chacun), ainsi que de Finlande et de Pologne (7 % chacun). Les engrais complexes étaient importés majoritairement du Maroc (30 %), de Lituanie (29 %), du Kazakhstan (14 %) et de Finlande (10 %), tandis que la potasse provenait surtout d’Allemagne (33 %), de Jordanie (24 %), de Belgique (19 %) et d’Ouzbékistan (9 %).
Maira Dzelzkalēja-Burmistre, vice-présidente d’une organisation agricole, a expliqué que « la production d’engrais étant très consommatrice d’énergie, toute augmentation du prix du gaz accroît mécaniquement le coût de fabrication, et donc celui de la production alimentaire. Le diesel plus cher renchérit également les travaux agricoles, de la préparation des sols à la récolte et au transport des récoltes. » Elle a précisé que certains engrais, coûtant environ 250 euros la tonne l’automne dernier, sont désormais évalués à 450 euros la tonne. De plus, de nouvelles taxes carbone prévues en Europe pourraient augmenter ce prix de 150 euros supplémentaires par tonne.
La responsable a alerté que les agriculteurs ont déjà réduit leur utilisation d’engrais de 20 à 30 % ces dernières années, et toute nouvelle diminution pourrait nuire aux rendements et à la qualité des récoltes. Cette situation intervient dans un contexte déjà difficile pour le secteur et risque de se traduire par une augmentation des prix des aliments pour les consommateurs.
-
13:07
-
13:01
-
12:30
-
12:00
-
11:33
-
11:29
-
11:06
-
11:06
-
11:00
-
10:47
-
10:31
-
10:30
-
10:03
-
09:29
-
09:29
-
09:12
-
08:43
-
08:30
-
08:01
-
07:30
-
07:04
-
22:00
-
21:05
-
20:00
-
19:30
-
19:02
-
18:30
-
18:01
-
17:55
-
17:30
-
17:04
-
16:30
-
16:00
-
15:33
-
15:00
-
14:30
-
14:15
-
14:02
-
13:45
-
13:30