La méthadone en rupture de stock : une crise de plus dans le secteur de la santé
La méthadone, un médicament crucial dans le traitement de la dépendance à l’héroïne, fait face à une rupture de stock, aggravant une situation déjà tendue dans le domaine de la santé publique. Cette crise survient alors que la liste des médicaments en pénurie continue de s'allonger, soulevant des inquiétudes parmi les professionnels de santé et les associations de soutien aux patients.
Utilisée principalement pour traiter l'addiction à l'héroïne, la méthadone a aussi des applications en médecine générale, notamment pour soulager les douleurs modérées à sévères, telles que celles qui suivent des interventions chirurgicales ou qui sont liées à des maladies chroniques comme le cancer. Sa pénurie a un impact direct sur les patients souffrant de dépendance aux opioïdes, mais aussi sur ceux qui nécessitent une prise en charge de la douleur.
Face à cette rupture de stock, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a pris des mesures qui ont suscité des préoccupations. Une circulaire ministérielle a été émise, recommandant une réduction progressive des doses de méthadone, même pour des groupes vulnérables tels que les patients vivant avec le VIH/SIDA, les personnes atteintes d'hépatite virale, ainsi que celles souffrant de tuberculose ou de cancer. Si ces mesures sont mises en place pour faire face à l'absence du médicament, elles risquent de conduire à des complications médicales sérieuses, avertissent les associations de patients. Elles soulignent qu'une telle réduction des doses doit suivre des protocoles strictement encadrés au niveau national et international pour éviter une recrudescence des rechutes et une reprise de la consommation de drogues parmi les patients dépendants.
La méthadone n’est pas la seule victime de la crise actuelle du médicament. Le potassium injectable, essentiel pour traiter l'hypokaliémie et certains troubles électrolytiques, est également en pénurie. Cette situation compromet la prise en charge de patients en soins intensifs, où la demande est particulièrement forte.
Outre ces médicaments spécifiques, de nombreux traitements pour des maladies chroniques, comme ceux contre le diabète, l’hypertension, et certains types de cancers, disparaissent ponctuellement du marché, exacerbant la pression sur les professionnels de santé. Des médicaments utilisés pour traiter des affections telles que l’épilepsie, les troubles de la thyroïde ou des maladies mentales sont également de plus en plus difficiles à se procurer.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Ryad Mezzour, a reconnu lors d'une réunion en février que la pénurie de médicaments est un problème persistant. Bien qu’il ait indiqué que le nombre de médicaments en pénurie ait diminué de 30 à 6 types entre l’année dernière et celle-ci, cette situation reste préoccupante. L’amélioration apparente ne masque pas les défis structurels qui fragilisent encore le système pharmaceutique du pays.
Le problème de la méthadone et de l’ensemble des médicaments manquants met en lumière une crise sanitaire plus large. Alors que les autorités tentent de maîtriser la situation, la pérennité de l’approvisionnement en médicaments et l’amélioration des infrastructures de santé restent des priorités incontournables pour garantir un accès aux traitements pour tous les citoyens.
-
20:31
-
20:00
-
19:30
-
19:04
-
18:31
-
18:03
-
17:30
-
17:00
-
16:30
-
16:01
-
15:30
-
15:00
-
14:48
-
14:30
-
14:01
-
13:50
-
13:34
-
13:33
-
13:29
-
13:19
-
13:00
-
12:30
-
12:00
-
11:30
-
11:01
-
10:28
-
10:00
-
09:30
-
09:01
-
08:30
-
08:03
-
07:30
-
07:03