Le Maroc accélère la modernisation de ses ports avec un investissement de 75 milliards de dirhams à l’horizon 2030
Le Maroc poursuit la transformation de son secteur portuaire à travers un vaste programme d’investissement estimé à 75 milliards de dirhams. Cette stratégie ambitieuse vise à renforcer les capacités logistiques du royaume, développer de nouveaux pôles industriels et consolider la place du pays comme plateforme incontournable entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques d’ici à 2030.
Lors d’une rencontre organisée à Rabat par le Centre de politiques pour le nouveau Sud, Sanae El Amrani, directrice des ports et du domaine public maritime au ministère de l’Équipement et de l’Eau, a souligné l’importance de disposer d’infrastructures maritimes modernes, capables d’accompagner la croissance du commerce international et les mutations énergétiques mondiales.
Le programme prévoit la création de six nouveaux ports ainsi que l’extension de plusieurs infrastructures déjà en activité. Parmi les projets les plus stratégiques figure Nador West Med, dont la mise en service est attendue prochainement, ainsi que le futur port Port Dakhla Atlantique, dont les travaux avancent progressivement.
Le royaume prévoit également la construction de plusieurs bassins spécialisés dans la réparation et la construction navales. L’objectif est de renforcer l’autonomie industrielle du Maroc en permettant l’entretien des navires sur le territoire national, sans dépendre des chantiers étrangers.
Une position stratégique entre Atlantique et Méditerranée
Grâce à près de 3 500 kilomètres de côtes réparties entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée, le Maroc dispose aujourd’hui de 44 ports, dont 14 dédiés au commerce extérieur. Cette situation géographique permet au royaume de jouer un rôle clé dans les échanges commerciaux régionaux et internationaux.
Les autorités marocaines ambitionnent de porter la capacité portuaire nationale à plus de 450 millions de tonnes d’ici à 2030, contre environ 390 millions actuellement. Les volumes traités dans les ports marocains continuent d’augmenter, portés par la croissance des exportations industrielles et du commerce maritime.
Le complexe Tanger Med demeure l’un des symboles majeurs de cette réussite. Depuis son lancement en 2007, il s’est imposé comme le premier port d’Afrique et de la Méditerranée. Adossé à d’importantes zones industrielles et logistiques, il accueille de nombreux groupes internationaux, notamment le constructeur automobile Renault.
Dakhla Atlantique, futur hub de l’Afrique atlantique
Le projet du port Dakhla Atlantique représente l’un des piliers de la stratégie maritime marocaine sur la façade atlantique africaine. Ce futur complexe portuaire doit soutenir l’initiative royale visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique.
Le chantier attire déjà d’importants investissements publics et privés. À terme, le port devrait disposer d’une capacité annuelle de 35 millions de tonnes et accueillir des navires de grande taille destinés aux grands corridors atlantiques internationaux.
Le projet constitue également un maillon important du futur gazoduc reliant le Nigeria au Maroc, renforçant ainsi le positionnement énergétique du royaume sur le continent africain.
Des ports adaptés aux énergies propres
Le Maroc prépare aussi ses infrastructures maritimes à la transition énergétique mondiale. Les futurs ports marocains devront être capables d’exporter l’hydrogène vert et ses dérivés vers les marchés internationaux, notamment européens.
Dans cette perspective, un projet de port spécialisé est envisagé à Tan-Tan, à proximité des futures installations solaires et unités de dessalement destinées à soutenir la filière de l’hydrogène vert.
Les ports de Nador et Dakhla font également l’objet d’aménagements afin d’intégrer les nouveaux flux énergétiques liés aux énergies renouvelables.
Une modernisation liée aux grands rendez-vous internationaux
Cette politique portuaire s’inscrit dans un programme national plus large consacré aux infrastructures marocaines entre 2025 et 2030. Le royaume prévoit d’importants investissements dans les aéroports, les réseaux ferroviaires et les lignes à grande vitesse afin de soutenir sa croissance économique et préparer les grands événements internationaux.
Le Maroc mise notamment sur la Coupe du monde de football 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal, pour accélérer la modernisation de ses infrastructures de transport et renforcer son rôle de carrefour stratégique entre l’Europe, l’Afrique et l’Atlantique.
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