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Le Maroc consolide sa position dominante sur le marché espagnol des fruits et légumes

Mardi 30 Septembre 2025 - 08:00
Par: Naji khaoula
Le Maroc consolide sa position dominante sur le marché espagnol des fruits et légumes

Le Maroc continue de s’imposer comme un acteur majeur dans l’approvisionnement agricole européen. Au premier semestre 2025, le Royaume a enregistré une progression spectaculaire de ses exportations de fruits et légumes vers l’Espagne, confirmant sa place de fournisseur incontournable mais suscitant, en parallèle, des inquiétudes parmi les producteurs espagnols.

Selon les chiffres des Douanes et Accises, relayés par la Fédération espagnole des associations de producteurs-exportateurs de fruits et légumes (FEPEX), les importations espagnoles en provenance du Maroc ont atteint 899,5 millions d’euros entre janvier et juin 2025, contre 676 millions à la même période en 2024. En volume, elles s’élèvent à 377 842 tonnes, soit une hausse de 33 % en un an.

Une progression sur la durée

Sur les cinq dernières années, la tendance est tout aussi marquée : la valeur des importations marocaines vers l’Espagne a bondi de 58 %, passant de 571,4 millions d’euros au premier semestre 2021 à près de 900 millions en 2025. En volume, l’évolution est plus modérée (+8 %), mais elle confirme une présence marocaine désormais structurelle sur le marché ibérique.

Le Maroc occupe aujourd’hui la première place en valeur, dépassant tous ses concurrents, et se classe deuxième en volume derrière la France. Cette dernière reste leader avec près de 590 000 tonnes exportées au premier semestre 2025, mais pour une valeur beaucoup plus faible, estimée à 254 millions d’euros. Cet écart illustre la compétitivité des produits marocains, appréciés à la fois pour leurs prix et leur qualité.

Entre opportunité et inquiétude

Pour Rabat, cette dynamique témoigne de la montée en gamme et de la diversification de ses exportations agricoles, un secteur stratégique pour son économie nationale. Mais pour Madrid, l’équation est plus complexe. La FEPEX dénonce une concurrence de plus en plus forte, notamment dans la filière de la tomate, pilier de l’agriculture espagnole.

La fédération estime que les prix d’entrée fixés dans l’accord d’association UE-Maroc ne jouent plus leur rôle protecteur et favorisent une progression continue des importations marocaines, au détriment des exploitations locales. Elle appelle donc à une révision des mécanismes de régulation afin de préserver la compétitivité et la pérennité de l’agriculture espagnole.

Un débat juridique et politique

À cette pression économique s’ajoute une dimension juridique. La FEPEX rappelle l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 4 octobre 2024, qui impose l’exclusion des produits issus du Sahara des avantages tarifaires accordés au Maroc. L’organisation insiste sur la nécessité d’appliquer strictement cette décision, notamment en matière d’étiquetage, afin de garantir la transparence pour les consommateurs et l’équité pour les producteurs européens.

Un équilibre fragile à trouver

Si l’Espagne bénéficie largement de l’approvisionnement marocain  en termes de prix, de régularité et de diversité de l’offre elle se heurte à un dilemme : comment préserver ses producteurs locaux tout en maintenant une relation commerciale privilégiée avec un partenaire stratégique ?

Ce dossier illustre les tensions croissantes entre ouverture des marchés et protection du modèle agricole européen. Pour Madrid comme pour Bruxelles, le défi est de trouver un équilibre entre compétitivité, sécurité alimentaire et durabilité, dans un contexte marqué par l’inflation et les aléas climatiques.



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