-
09:00
-
08:30
-
08:00
-
07:35
-
07:10
-
23:55
-
23:50
-
23:44
-
23:31
-
23:08
-
22:41
-
22:31
-
22:10
-
22:00
-
21:41
-
21:30
-
21:09
-
20:45
-
20:31
-
20:08
-
19:44
-
19:30
-
19:09
-
18:44
-
18:31
-
18:09
-
18:00
-
17:45
-
17:31
-
17:00
-
16:45
-
16:40
-
16:31
-
16:09
-
16:00
-
15:44
-
15:30
-
15:05
-
14:57
-
14:44
-
14:31
-
14:30
-
14:06
-
13:50
-
13:47
-
13:42
-
13:32
-
13:00
-
12:45
-
12:30
-
12:02
-
11:49
-
11:45
-
11:44
-
11:31
-
11:11
-
11:02
-
10:58
-
10:46
-
10:31
-
10:15
-
10:09
-
10:08
-
10:00
-
09:48
-
09:44
Le Maroc met en place un soutien à l’exportation d’agrumes pour affronter la compétition internationale
Le Maroc se classe au troisième rang des producteurs et exportateurs d'oranges en Afrique, derrière l'Égypte et l'Afrique du Sud. Cependant, malgré sa position dans le secteur, le royaume peine à se faire une place durable sur le marché international, contrairement à ces deux géants qui dominent l’exportation mondiale des agrumes. Face à cette situation, le gouvernement marocain a récemment introduit un nouveau mécanisme de soutien à l’exportation des agrumes frais, valable pour cinq campagnes agricoles, de 2024 à 2028.
Le dispositif, publié dans le Bulletin officiel du royaume le 21 avril 2024, prévoit une prime forfaitaire de 1 000 dirhams (soit environ 107,7 $) par tonne d'agrumes exportée vers l'Union européenne, le Royaume-Uni et certains pays africains. Cette aide sera exclusivement attribuée aux unités de conditionnement exportatrices disposant d’un agrément valide, avec un plafond fixé à 65 000 tonnes pour la première année. Ce quota devrait augmenter progressivement pour atteindre 125 000 tonnes en 2028.
Ce soutien s'inscrit dans un contexte où la filière orange marocaine fait face à des difficultés croissantes sur les marchés internationaux. Selon les données du Département américain de l’Agriculture (USDA), les exportations marocaines d’oranges ont chuté de 15,37 % en moyenne par an, passant de 117 000 tonnes pendant la campagne 2019/2020 à seulement 60 000 tonnes en 2023/2024. Le Maroc, autrefois classé au 7ᵉ rang mondial des exportateurs d’oranges, se retrouve désormais à la 10ᵉ place, surpassé par la Chine et le Chili.
Kacem Bennani Smires, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine des agrumes (Maroc Citrus), a expliqué que l'objectif principal de cette nouvelle mesure est de soutenir l'exportation d'oranges, notamment face à la concurrence féroce de l'Égypte, premier exportateur mondial. « L’idée principale, c’est surtout d’essayer d’encourager l’exportation des oranges, mises à mal par la compétitivité de l’Égypte », a-t-il déclaré à Médias 24 le 30 avril dernier.
Si ce mécanisme est perçu positivement dans la filière, les acteurs du secteur restent lucides quant à son efficacité à long terme. Selon M. Bennani Smires, bien que le soutien public soit une bonne nouvelle, il ne résout pas tous les problèmes auxquels la filière est confrontée. « L’Égypte et la Turquie restent nettement plus compétitives que nous, en raison de la dévaluation de leurs monnaies, malgré l’aide que nous recevrons », souligne-t-il.
Outre la concurrence accrue, le secteur des agrumes marocains doit également faire face à des conditions climatiques difficiles. La sécheresse persistante impacte la productivité des vergers, et la hausse des coûts de transport complique encore la situation. En 2023, les exportations marocaines d’agrumes avaient chuté de près de 70 %, ne s’élevant qu’à 39 000 tonnes selon l’USDA. Cette baisse a été causée par la combinaison de la sécheresse, de la hausse des coûts logistiques et d’une compétitivité accrue sur les marchés internationaux.
À terme, le nouveau mécanisme de soutien pourrait annoncer une stratégie plus globale pour redonner de l'élan à l’exportation d’agrumes marocains. Cependant, pour que cette stratégie soit réellement efficace, elle devra s'accompagner de réformes structurelles visant à renforcer la résilience de la production face aux aléas climatiques, améliorer les performances logistiques et diversifier les débouchés à l’international.
Le Maroc se trouve à un tournant décisif dans le secteur des agrumes. Si la politique actuelle offre un répit, seul un effort concerté sur le long terme permettra au pays de retrouver sa compétitivité et de s'imposer à nouveau sur les marchés mondiaux des agrumes.