Le Maroc renforce ses importations de hareng norvégien à un niveau record
Le Maroc confirme sa place grandissante dans le commerce international des produits halieutiques en enregistrant, en mars, un volume inédit d’importations de hareng en provenance de la Norvège. Avec 1 600 tonnes réceptionnées, le Royaume se positionne parmi les principaux marchés africains pour cette espèce, derrière l’Égypte et aux côtés du Nigeria.
Cette performance s’inscrit dans un contexte global marqué par une progression modérée des exportations norvégiennes de produits de la mer. En mars, celles-ci ont atteint l’équivalent de plus de 15 milliards de dirhams, en hausse de 3 % sur un an, soutenues notamment par la demande en saumon et par des prix solides sur plusieurs espèces.
Une dynamique contrastée selon les régions
Si l’Europe demeure le principal débouché des produits de la mer norvégiens, représentant près des deux tiers des exportations, la montée en puissance de l’Asie se confirme. Des marchés comme la Chine, la Corée du Sud, la Thaïlande ou encore Taïwan affichent des hausses significatives, tirées principalement par la demande en saumon.
À l’inverse, les États-Unis enregistrent un recul notable des importations, impactées par des droits de douane plus élevés et des conditions de change défavorables. Ce repli, observé depuis plusieurs mois, a contribué à redistribuer les flux commerciaux vers d’autres régions.
Des contraintes logistiques et géopolitiques persistantes
Les tensions au Moyen-Orient continuent de perturber les chaînes d’approvisionnement, notamment pour le transport aérien du saumon. Des marchés comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar ou encore Israël ont vu leurs importations reculer, en raison de la hausse des coûts logistiques et des ajustements des routes commerciales.
Par ailleurs, l’appréciation de la monnaie norvégienne face au dollar et à l’euro a mécaniquement réduit la compétitivité-prix de certaines exportations, malgré une demande mondiale globalement soutenue.
Le hareng, un segment en pleine expansion
Dans ce paysage, le hareng s’impose comme l’un des produits les plus dynamiques. Les exportations ont fortement progressé en mars, portées par une saison de pêche favorable et une augmentation des quotas. L’Égypte reste le premier importateur, mais le Maroc se distingue par une hausse remarquable, atteignant un niveau jamais enregistré auparavant.
Cette évolution traduit l’intérêt croissant du marché marocain pour des produits à la fois accessibles et adaptés aux habitudes de consommation locales, mais aussi l’intégration progressive du Royaume dans les circuits internationaux de transformation et de distribution des produits de la mer.
Des tensions sur certaines espèces
Malgré ces performances, plusieurs segments restent sous pression. La morue, par exemple, connaît une baisse significative de ses volumes en raison de quotas réduits et d’une raréfaction des ressources. Cette situation entraîne une hausse des prix, qui atteint des niveaux records, tout en pesant sur les industriels de la transformation.
D’autres produits comme le maquereau ou certaines variétés de crustacés subissent également des fluctuations importantes, liées à la disponibilité des ressources et aux contraintes réglementaires.
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