Le Maroc s’impose comme le deuxième marché africain de la voiture électrique en 2025
Le Maroc confirme son positionnement parmi les acteurs majeurs de la mobilité électrique en Afrique. Selon les données du rapport mondial sur le véhicule électrique 2026 publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Royaume s’est hissé à la deuxième place du continent en matière de ventes de voitures électriques en 2025, avec environ 5 500 unités écoulées.
Cette performance représente près de 22 % des ventes africaines de véhicules électriques, estimées à quelque 25 000 unités sur l’ensemble du continent. Seule l’Égypte fait mieux avec 7 900 véhicules vendus, tandis que l’Afrique du Sud complète le podium avec 3 800 unités.
Trois pays dominent le marché africain
L’essor de la voiture électrique en Afrique demeure concentré dans quelques marchés clés. L’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud totalisent ensemble près de 17 200 véhicules vendus, soit environ 68,8 % du marché continental.
Cette concentration illustre l’émergence progressive de pôles régionaux capables de soutenir le développement de la mobilité électrique grâce à des politiques publiques, des investissements ciblés et une offre de véhicules de plus en plus diversifiée.
Le Maroc se distingue notamment par un écart significatif avec l’Afrique du Sud, enregistrant près de 1 700 ventes supplémentaires. Le Royaume reste toutefois derrière l’Égypte, leader continental, avec une différence d’environ 2 400 unités.
Un marché en développement malgré des défis structurels
L’AIE souligne que le marché automobile africain reste fortement marqué par les importations de véhicules d’occasion provenant principalement d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Ces véhicules représentent une part importante du renouvellement du parc automobile dans de nombreux pays africains.
Cette réalité rend parfois difficile l’évaluation précise du rythme d’adoption des véhicules électriques, les statistiques distinguant rarement de manière claire les ventes neuves, les importations récentes et les véhicules déjà immatriculés à l’étranger.
Malgré ce contexte, le Maroc figure parmi les marchés africains les plus dynamiques aux côtés de l’Égypte, de l’Afrique du Sud, de la Tunisie et du Kenya. Les ventes marocaines reposent principalement sur les véhicules 100 % électriques, alors que certains marchés, notamment sud-africains, demeurent davantage orientés vers les hybrides rechargeables.
L’influence croissante des constructeurs chinois
Le développement du marché africain de la voiture électrique est également marqué par la montée en puissance des constructeurs chinois. En quelques années, des marques comme BYD ont considérablement renforcé leur présence sur le continent.
Grâce à des modèles compétitifs et souvent plus abordables que leurs équivalents européens, les fabricants chinois gagnent rapidement des parts de marché dans plusieurs économies émergentes, dont le Maroc. Cette tendance contribue à rendre les véhicules électriques plus accessibles à une clientèle plus large.
Neo Motors et l’émergence d’une filière nationale
Au-delà des importations, le Maroc cherche également à développer une industrie locale. Le constructeur marocain Neo Motors a franchi une nouvelle étape avec la commercialisation de son premier modèle électrique au début de l’année 2026.
Cette évolution témoigne de l’ambition du Royaume de participer non seulement à la consommation, mais aussi à la production de véhicules électriques et de leurs composants.
Le rapport de l’AIE met également en avant les investissements réalisés dans la production de batteries lithium-fer-phosphate (LFP) et dans les matériaux nécessaires à leur fabrication. Ces projets pourraient renforcer la place du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales liées à l’électromobilité.
Un enjeu énergétique et industriel majeur
À l’échelle mondiale, plus de 20 millions de voitures électriques ont été vendues en 2025, représentant environ un quart des ventes de véhicules neufs. Même si le marché africain demeure encore modeste en comparaison, sa croissance rapide attire l’attention des investisseurs et des industriels.
Pour le Maroc, l’électrification du parc automobile revêt également une dimension stratégique. En tant qu’importateur net d’énergie, le pays voit dans cette transition un moyen de réduire sa dépendance aux carburants fossiles, tout en développant de nouvelles activités industrielles à forte valeur ajoutée.
Avec 5 500 ventes enregistrées en 2025, une part de marché continentale de 22 % et une deuxième place africaine derrière l’Égypte, le Maroc confirme son rôle central dans le développement de la mobilité électrique en Afrique. Soutenue par l’arrivée de nouveaux constructeurs, les investissements dans les batteries et le développement d’une industrie locale, cette dynamique pourrait renforcer davantage la position du Royaume au cours des prochaines années.
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