Le Maroc veut structurer son écosystème d’innovation bas carbone
Le Maroc engage une nouvelle étape dans sa stratégie de décarbonation en s’attaquant à un enjeu déterminant : la capacité de son écosystème d’innovation à transformer les technologies bas carbone en solutions concrètes pour les entreprises et les institutions publiques.
Avec l’appui de la Coopération allemande, le Royaume lance ainsi un diagnostic approfondi de son écosystème d’innovation bas carbone. L’objectif est d’identifier les acteurs, les mécanismes existants, les freins au développement des solutions innovantes et les leviers susceptibles d’accélérer leur passage de la recherche au marché.
Une cartographie pour mieux coordonner les acteurs
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à l’efficacité énergétique au Maroc (PEEM II), mis en œuvre par la GIZ, en partenariat avec le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.
L’étude doit notamment permettre de comprendre le fonctionnement d’un écosystème qui rassemble aujourd’hui une diversité d’acteurs publics et privés, d’organismes d’accompagnement, de structures de recherche et de mécanismes de financement.
Cette multiplicité constitue une richesse, mais peut également compliquer la coordination et le passage à l’échelle des innovations. Le diagnostic cherchera donc à mettre en évidence les complémentarités existantes, mais aussi les éventuels obstacles qui empêchent certaines technologies, procédés ou modèles économiques de franchir le cap de la commercialisation.
La décarbonation devient aussi un enjeu de compétitivité
La transformation du système énergétique marocain crée progressivement de nouvelles conditions pour le développement de solutions sobres en carbone. L’augmentation de la part des sources renouvelables dans la production électrique et l’arrivée de technologies plus compétitives ouvrent notamment de nouvelles possibilités pour réduire la consommation énergétique et l’empreinte carbone des activités économiques.
La pression vient également des marchés internationaux. Les relations commerciales du Maroc avec l’Union européenne donnent une dimension supplémentaire à cette transition, notamment avec la mise en œuvre progressive du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM).
Pour les entreprises exportatrices, la réduction des émissions ne relève donc plus uniquement des engagements environnementaux. Elle devient également un enjeu lié à l’accès aux marchés et à la compétitivité.
Le PEEM II veut accélérer le passage de l’innovation au marché
Le PEEM II intervient précisément sur cette articulation entre politiques publiques, innovation et adoption technologique. Le projet accompagne les acteurs publics et privés dans la réduction de la consommation énergétique finale et dans la diffusion de technologies à haute efficacité énergétique et à faibles émissions de carbone.
Son action porte notamment sur l’amélioration du cadre stratégique et réglementaire, la démonstration de technologies innovantes et leur diffusion à plus grande échelle par l’intermédiaire des organisations concernées.
Le renforcement de la place des technologies bas carbone dans l’écosystème national d’innovation constitue également l’un des axes de cette démarche.
Une mission qui s’étendra jusqu’en 2027
Pour concrétiser cette ambition, un appel d’offres a été lancé afin de réaliser le diagnostic de l’écosystème marocain de l’innovation bas carbone et de proposer un plan d’intervention.
La mission est menée avec le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, le ministère de l’Industrie et du Commerce et l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE). L’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) et Tamwilcom participent également au dispositif en tant que membres du comité de suivi.
Le travail doit permettre de dégager une vision globale de l’écosystème et de formuler des recommandations destinées notamment à renforcer les collaborations entre ses différentes composantes, à favoriser les partenariats technologiques et à accélérer le déploiement de solutions contribuant aux objectifs nationaux de décarbonation.
Prévue du 5 novembre 2026 au 30 juillet 2027, la mission doit se conclure par un atelier de restitution. Celui-ci permettra de présenter les principales recommandations ainsi que le plan d’intervention envisagé et de recueillir les observations des différentes parties prenantes.
Au-delà du diagnostic, l’enjeu sera donc de transformer la diversité des initiatives existantes en un écosystème mieux coordonné, capable de faire émerger des innovations, de les accompagner jusqu’au marché et de contribuer concrètement à la transformation bas carbone de l’économie marocaine.
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