Législatives 2026 : le scepticisme des jeunes marocains à deux jours du scrutin
À l’approche des élections législatives du 23 septembre au Maroc, une partie de la jeunesse exprime des réserves face aux promesses des partis politiques. Le chômage, les difficultés d’insertion professionnelle et le sentiment d’un faible impact des alternances politiques alimentent une certaine distance vis-à-vis du scrutin.
Une participation des jeunes qui reste limitée
Près de 16 millions d’électeurs sont appelés aux urnes mercredi pour élire les 395 membres de la Chambre des représentants. Le scrutin doit ouvrir la voie à la formation d’un nouveau gouvernement pour les cinq prochaines années.
Dans ce corps électoral, les jeunes occupent une place relativement réduite. Selon les données citées par l’AFP et H24Info, les 25-34 ans représentent environ 15 % des inscrits, tandis que les 18-24 ans n’en constituent que 4 %.
Cette faible représentation électorale constitue un enjeu pour les formations politiques qui cherchent à mobiliser une génération confrontée à des difficultés particulières en matière d’emploi et d’accès aux opportunités économiques.
L’emploi au cœur des préoccupations
À Salé, Haitham Atifi, 20 ans, récemment diplômé en génie électrique, explique à l’AFP rencontrer des difficultés pour décrocher un stage susceptible de faciliter son entrée sur le marché du travail. Il affirme également que nombre de ses anciens camarades se trouvent dans une situation comparable.
Le chômage figure ainsi parmi les principales préoccupations exprimées par les jeunes. Reuters rapporte que le taux de chômage des jeunes au Maroc se situe autour de 27 %, tandis qu'une part importante des jeunes n'est ni en emploi, ni en études, ni en formation.
Pour certains électeurs, les annonces formulées pendant les campagnes électorales peinent dès lors à convaincre lorsqu'elles ne sont pas perçues comme suffisamment concrètes ou susceptibles d'améliorer rapidement les conditions d'accès à l'emploi.
Les partis mettent l’emploi des jeunes en avant
Face à cette situation, plusieurs formations politiques ont placé la question de l'emploi au centre de leur campagne. Reuters rapporte notamment que le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti authenticité et modernité (PAM) ont avancé des objectifs de création d'emplois et présenté des mesures destinées aux jeunes.
Les programmes évoquent également le logement, les revenus et les investissements dans les infrastructures, dans un contexte marqué par les préparatifs liés à la Coupe du monde 2030, organisée conjointement par le Maroc, l'Espagne et le Portugal.
Ces engagements interviennent alors que le pays poursuit plusieurs grands projets économiques et d'infrastructures. Mais les indicateurs macroéconomiques et les investissements réalisés ne se traduisent pas nécessairement par le même niveau de perception chez les jeunes générations. Reuters rapporte ainsi l'existence d'un écart entre les performances économiques mesurées et la perception qu'en ont les citoyens.
Une défiance qui dépasse la seule question du vote
Le scepticisme exprimé par certains jeunes ne porte pas uniquement sur les programmes électoraux. Il concerne également leur perception du fonctionnement de la vie politique et de la capacité des élections à produire des changements concrets.
Une enquête citée par Reuters indique qu'environ un tiers des Marocains âgés de 18 à 35 ans déclarent faire confiance au Parlement, au chef du gouvernement ou aux partis politiques.
D'autres jeunes choisissent néanmoins de participer au scrutin. L'AFP rapporte ainsi le cas d'un électeur de 28 ans à Salé qui dit avoir fait son choix et encourage les jeunes à se rendre aux urnes afin de sélectionner le parti correspondant à leur propre analyse.
À deux jours des législatives
La campagne électorale doit s'achever mardi 22 septembre à minuit, avant le scrutin prévu mercredi 23 septembre. Quelque 7 288 candidatures ont été enregistrées pour les 395 sièges de la Chambre des représentants.
À la veille du vote, la question de la participation des jeunes demeure donc particulièrement suivie. Leur rapport au marché du travail, leurs attentes en matière de logement et leur perception des institutions constituent autant de facteurs susceptibles de peser sur leur rapport aux élections, sans préjuger du comportement électoral individuel de cette population.
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