Législatives 2026 : les changements de partis accélèrent la recomposition politique au maroc
À quelques mois des élections législatives de 2026, les formations politiques marocaines multiplient les repositionnements. Arrivées de personnalités connues, départs d’élus et rapprochements locaux témoignent d’une compétition qui se joue désormais autant sur les équilibres nationaux que sur l’implantation territoriale.
La perspective des élections législatives de 2026 provoque déjà d’importants mouvements dans le paysage politique marocain. À mesure que le scrutin approche, les partis cherchent à renforcer leurs réseaux, à attirer des figures disposant d’une influence locale et à sécuriser leurs bastions électoraux.
Cette séquence intervient après un mandat gouvernemental qui continue de susciter des interrogations sur son bilan. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), à la tête de la majorité, doit désormais défendre sa position face à des formations qui entendent profiter de la prochaine échéance électorale pour modifier le rapport de forces.
Le Parti authenticité et modernité (PAM) entend notamment consolider son poids politique, tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD) cherche à reconstruire une dynamique après son lourd revers lors des élections de 2021.
Fouzi Lekjaa rejoint officiellement le PAM
L’un des mouvements les plus commentés concerne Fouzi Lekjaa. Le ministre délégué chargé du Budget a choisi d’intégrer le PAM et de rejoindre directement son Bureau politique.
Cette adhésion constitue un changement notable pour une personnalité longtemps identifiée à un profil davantage technocratique que partisan. Elle intervient alors que le PAM cherche à affirmer son rôle dans les équilibres politiques nationaux.
Le nom de Fouzi Lekjaa avait également circulé autour d’une éventuelle candidature dans l’oriental. Son intégration au PAM ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer son éventuel positionnement électoral.
Son arrivée traduit surtout une tendance plus large : celle de responsables disposant d’une forte visibilité publique qui choisissent, à l’approche du scrutin, de s’inscrire clairement dans une organisation politique.
Les territoires au cœur des stratégies
La recomposition ne se limite pas aux figures nationales. Elle concerne également de nombreux élus et responsables implantés dans les différentes régions du royaume.
Le transfert de Marouane Chbaâtou du RNI vers le PAM illustre cette dimension territoriale. Acteur politique influent à Midelt et dans la région de drâa-tafilalet, il rejoint ainsi une formation qui cherche à élargir son implantation et à renforcer ses positions dans plusieurs circonscriptions.
D’autres parlementaires expérimentés ont également changé de formation. Mohamed El Joumani, Abdelhay Hartoun et Zineb El Simou figurent parmi les responsables ayant procédé à des réalignements politiques.
À l’échelle locale, plusieurs élus ont eux aussi choisi de modifier leur affiliation. Ces mouvements concernent notamment Othmane Badil, Manal Badil, Bouchra El Wardi, Abdelhafid El Makouti et Abdelkader El Haddouri.
Une logique de repositionnement avant le scrutin
Ces changements d’étiquette ne répondent pas nécessairement à une seule logique. Pour certains responsables, rejoindre une autre formation peut permettre de bénéficier d’un réseau politique plus important, d’une meilleure implantation territoriale ou d’un appareil électoral jugé plus favorable.
Pour les partis, attirer des élus déjà implantés localement représente également un moyen de gagner rapidement en influence dans des circonscriptions où la compétition s’annonce serrée.
Cette pratique de la transhumance politique reste toutefois un sujet régulièrement débattu au maroc. Elle nourrit les interrogations sur la stabilité des appartenances partisanes et sur le poids réel des programmes face aux réseaux personnels et aux stratégies électorales locales.
Le RNI face à une concurrence renforcée
La multiplication de ces mouvements intervient dans un contexte où le RNI doit préparer la défense de son bilan gouvernemental.
Après plusieurs années au pouvoir, la formation dirigée par Aziz Akhannouch devra mobiliser son implantation électorale tout en répondant aux critiques portant sur l’action de la majorité.
Face à elle, le PAM dispose désormais d’un poids institutionnel et gouvernemental important. Le PJD, de son côté, tente de retrouver une influence après avoir été sévèrement sanctionné dans les urnes en 2021.
Cette concurrence pourrait rendre les prochains mois particulièrement actifs sur le terrain politique, avec une multiplication des négociations, des ralliements et des annonces de candidatures.
Une carte électorale encore en mouvement
À l’approche des législatives, les rapports de force restent donc susceptibles d’évoluer. Les transferts d’élus constituent un indicateur de cette recomposition, mais ils ne préjugent pas à eux seuls du résultat du scrutin.
Le véritable enjeu sera de mesurer la capacité des partis à transformer ces ralliements en dynamique électorale. L’implantation locale, la mobilisation des électeurs et la crédibilité des programmes pèseront également dans les urnes.
La campagne de 2026 pourrait ainsi se jouer autant sur les grandes orientations nationales que sur ces réseaux territoriaux patiemment constitués ou réorganisés au cours des derniers mois.
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