Les dons de sang progressent, mais les inégalités d’accès persistent à l’échelle mondiale
À l’approchede la Journée mondiale du donneur de sang, célébrée le 14 juin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en lumière une avancée notable : les dons volontaires non rémunérés représentent désormais la grande majorité des prélèvements dans le monde. Pourtant, derrière ces progrès encourageants, de profondes inégalités continuent de freiner l’accès aux transfusions pour des millions de patients.
Selon des données récentes collectées dans plus de 130 pays, le nombre de dons de sang a connu une hausse significative au cours de la dernière décennie, avec une augmentation proche de 19 %. En 2023, environ 120 millions de dons ont été enregistrés, dont plus de 85 % proviennent de donneurs bénévoles. Ce modèle est considéré comme le plus sûr et le plus durable pour garantir un approvisionnement fiable en produits sanguins.
Cependant, cette évolution positive masque des disparités importantes entre les régions du monde. Les pays à revenu élevé, qui ne représentent qu’une fraction de la population mondiale, concentrent une part disproportionnée des dons. À l’inverse, les pays à faible revenu continuent de faire face à des pénuries chroniques, dues notamment à un manque de ressources financières, à des infrastructures insuffisantes et à des difficultés à mobiliser des donneurs réguliers.
Dans certaines régions, les niveaux de collecte restent particulièrement préoccupants. Plusieurs pays enregistrent moins de cinq dons pour 1 000 habitants, un seuil jugé insuffisant pour répondre aux besoins médicaux urgents. Ces insuffisances affectent en priorité les populations les plus vulnérables : les femmes souffrant de complications liées à l’accouchement, les enfants atteints d’anémie sévère, les victimes d’accidents graves, ainsi que les patients vivant avec des maladies chroniques comme certaines formes de cancer ou des troubles sanguins héréditaires.
Face à cette situation, les autorités sanitaires internationales insistent sur la nécessité de renforcer les systèmes nationaux de transfusion. L’OMS appelle notamment les gouvernements à investir davantage dans la collecte, le stockage et la distribution du sang, tout en améliorant la réglementation et les mécanismes de contrôle de qualité.
Des lacunes subsistent également sur le plan institutionnel. De nombreux pays ne disposent pas encore d’un cadre législatif solide pour encadrer la sécurité des produits sanguins. Par ailleurs, les inspections régulières et les systèmes d’accréditation restent insuffisamment développés dans plusieurs régions, compromettant la fiabilité des services de transfusion.
Le financement demeure un autre défi majeur. Dans certains pays, l’absence de budget dédié ou de mécanismes de financement durables fragilise la pérennité des services, accentuant les inégalités d’accès aux soins.
Malgré ces obstacles, l’OMS réaffirme qu’un accès universel à du sang sûr est un objectif atteignable. Cela nécessite une mobilisation collective, des investissements ciblés et une volonté politique forte afin de garantir que chaque patient, quel que soit son lieu de vie, puisse bénéficier d’une transfusion en toute sécurité.
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