Les îles parmi les premiers territoires menacés par le changement climatique et les invasions biologiques
Une vaste étude scientifique internationale met en garde contre l’accélération des menaces pesant sur les écosystèmes insulaires. Publiés dans la revue PNAS, les travaux révèlent que ces territoires, pourtant essentiels à la biodiversité mondiale, subiront une pression croissante liée au changement climatique, aux transformations des usages des terres et aux invasions biologiques.
Les chercheurs estiment que, d’ici 2050, près des deux tiers des écosystèmes insulaires seront principalement affectés par les conséquences du dérèglement climatique. La montée des températures, l’élévation du niveau des mers et les phénomènes météorologiques extrêmes devraient constituer les principaux facteurs de dégradation.
Trois grandes menaces identifiées
Selon les conclusions de l’étude, 65 % des îles analysées seront avant tout confrontées aux effets du changement climatique. En parallèle, 22 % des écosystèmes seront davantage touchés par les modifications de l’occupation des sols, un phénomène particulièrement marqué dans plusieurs régions du Pacifique, de la mer Baltique, du golfe du Bengale et de l’Asie du Sud-Est.
Les 13 % restants seront principalement exposés aux invasions biologiques, un risque jugé particulièrement élevé pour les îles situées dans les régions tempérées, notamment en Europe du Nord.
Les scientifiques rappellent que, bien qu’ils ne représentent qu’environ 7 % des terres émergées, les territoires insulaires abritent près de 20 % de la biodiversité mondiale, ce qui en fait des espaces stratégiques pour la conservation des espèces.
La France parmi les pays les plus exposés
Coordonnée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en collaboration avec la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) et l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, l’étude identifie 31 pays présentant une concentration particulièrement élevée d’îles soumises simultanément à plusieurs risques environnementaux.
La France figure parmi les pays les plus concernés. Les chercheurs mettent en évidence plusieurs « points chauds » d’exposition, notamment en Polynésie française ainsi que sur certaines îles métropolitaines, plaçant le pays parmi le quart des États les plus vulnérables. D’autres nations, comme les Seychelles, le Bangladesh, la Chine, les Fidji, la Micronésie, le Danemark, la Suède, l’Inde et le Japon, apparaissent également parmi les territoires fortement exposés.
Renforcer les stratégies de conservation
Face à ces constats, les auteurs plaident pour une adaptation des politiques de préservation de la biodiversité aux spécificités des territoires insulaires. Ils recommandent notamment d’étendre les aires protégées, de restaurer les écosystèmes dégradés et de renforcer les mesures destinées à limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes.
Les chercheurs soulignent également la nécessité d’intégrer davantage de données relatives à d’autres pressions environnementales, telles que la pollution plastique, les pesticides, la pollution lumineuse ou encore la surexploitation des ressources naturelles.
L’étude repose sur l’analyse de 16 578 îles, dont les niveaux d’exposition ont été cartographiés afin d’identifier les territoires nécessitant une attention prioritaire en matière de conservation.
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