Les prix alimentaires mondiaux poursuivent leur hausse sous l’effet des tensions au Moyen-Orient
Les marchés agricoles internationaux restent sous pression. Selon les dernières données publiées par Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont progressé pour le troisième mois consécutif en avril, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la hausse persistante des coûts énergétiques.
L’indice des prix alimentaires de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui suit l’évolution des cours internationaux des principales matières premières agricoles, a enregistré une augmentation de 1,6 % par rapport au mois précédent. Sur un an, la progression atteint désormais 2 %.
Malgré les inquiétudes provoquées par la crise autour du Détroit d’Ormuz, les marchés agricoles mondiaux ont jusqu’à présent évité de fortes perturbations d’approvisionnement.
L’économiste en chef de la FAO, Máximo Torero, estime que les importantes réserves disponibles ont permis de contenir les effets immédiats de la crise sur les céréales, même si les tensions restent fortes sur plusieurs segments stratégiques.
Les prix des céréales ont ainsi connu une hausse relativement modérée en avril. Le blé et le maïs ont enregistré des progressions limitées, traduisant une certaine stabilité des disponibilités mondiales malgré les incertitudes géopolitiques.
En revanche, les huiles végétales ont fortement contribué à la hausse générale des prix alimentaires. L’indice correspondant a bondi de près de 6 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis l’été 2022.
Les huiles de palme, de soja, de tournesol et de colza figurent parmi les produits les plus touchés par cette poussée inflationniste.
Selon Máximo Torero, cette situation est étroitement liée à l’augmentation des prix du pétrole, qui stimule la demande mondiale en biocarburants et accentue mécaniquement la pression sur les marchés des huiles végétales.
Le marché de la viande continue lui aussi d’évoluer à des niveaux historiquement élevés. Les cours mondiaux ont progressé en avril, notamment sous l’effet de la hausse des prix de la viande bovine.
Au-delà des produits alimentaires eux-mêmes, les tensions au Moyen-Orient pèsent également sur le secteur des engrais, un maillon essentiel de la chaîne agricole mondiale.
Une part importante du commerce international des engrais transite traditionnellement par le Détroit d’Ormuz, tandis que leur fabrication dépend fortement du gaz naturel, dont les prix restent particulièrement volatils.
Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, alerte désormais sur les conséquences potentielles d’une raréfaction des engrais à moyen terme.
Selon lui, une diminution de leur disponibilité pourrait entraîner une baisse des rendements agricoles dans plusieurs régions du monde dès la seconde moitié de l’année, avec des répercussions possibles sur l’offre alimentaire mondiale en 2027.
Dans ce contexte, les marchés agricoles internationaux demeurent particulièrement attentifs à l’évolution des tensions géopolitiques et énergétiques, devenues un facteur déterminant de l’équilibre alimentaire mondial.
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