Liban : le gouvernement veut instaurer le monopole des armes à Beyrouth après des frappes meurtrières
Réuni en urgence au palais présidentiel de Baabda, le gouvernement libanais a pris une décision forte : confier à l’armée et aux forces de sécurité la mission d’imposer le contrôle exclusif des armes dans la capitale Beyrouth. Cette orientation intervient dans un climat de tension extrême, au lendemain de frappes israéliennes d’une rare intensité.
Selon les autorités, l’objectif affiché est clair : réaffirmer l’autorité de l’État et encadrer strictement la circulation des armes dans la capitale, dans un contexte marqué par des équilibres sécuritaires fragiles.
Une riposte politique à une offensive militaire
La décision intervient après une série de bombardements attribués à Israël, ayant touché plusieurs zones urbaines, dont des quartiers densément peuplés. Le bilan humain, encore provisoire, fait état de centaines de victimes, renforçant l’émotion et la pression politique au sein du pays.
Face à cette situation, le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé un renforcement du déploiement sécuritaire à Beyrouth, afin d’étendre le contrôle de l’État. Parallèlement, le Liban prévoit de saisir en urgence le Conseil de sécurité des Nations unies pour dénoncer cette escalade.
Une souveraineté revendiquée dans les négociations
Au-delà de la dimension sécuritaire, l’exécutif libanais insiste sur la nécessité de préserver sa souveraineté diplomatique. Le président Joseph Aoun a réaffirmé que toute négociation internationale devait être menée exclusivement par les autorités libanaises.
Cette position s’inscrit dans un contexte régional marqué par des discussions autour d’un cessez-le-feu impliquant notamment les États-Unis et l’Iran. Beyrouth cherche ainsi à garantir sa place dans les équilibres diplomatiques en cours.
Des divisions internes persistantes
La décision de désarmement partiel n’a toutefois pas fait consensus. Des représentants du Hezbollah au sein du gouvernement ont exprimé leur opposition, révélant les tensions internes autour de la question sensible des armes.
Du côté de l’armée, la prudence reste de mise. Son commandement a déjà mis en garde contre les risques d’affrontement interne en cas de mise en œuvre forcée de cette politique, appelant à privilégier l’unité nationale dans un contexte déjà instable.
Entre urgence sécuritaire et équilibre politique
Alors que le pays fait face à une crise multidimensionnelle, les autorités libanaises tentent de concilier impératif sécuritaire et stabilité interne. La volonté de centraliser l’usage des armes à Beyrouth s’inscrit dans une stratégie plus large de réaffirmation de l’État, mais son application s’annonce délicate.
Dans un environnement régional sous haute tension, le Liban se retrouve à un moment charnière, où chaque décision politique peut avoir des répercussions majeures sur son équilibre interne et ses relations extérieures.
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