Lithium au Sahara : le Maroc se positionne dans une future chaîne industrielle stratégique
Au sud du Maroc, un projet minier encore à ses débuts pourrait à terme s’inscrire dans les grandes chaînes d’approvisionnement mondiales en lithium. Le groupe canadien Lithium Africa Resources avance progressivement dans l’exploration d’un vaste permis situé à Tichla, tout en évoquant une ambition industrielle liée à la transformation de ce métal stratégique.
Selon des informations rendues publiques début 2026, l’entreprise a finalisé au deuxième trimestre 2025 une première phase de cartographie et d’échantillonnage sur une superficie de 585 km². Cette zone, située dans une région géologiquement prometteuse, fait encore l’objet de travaux préliminaires, sans estimation de ressources à ce stade.
Fondée en 2021 et associée au groupe chinois Ganfeng, Lithium Africa Resources développe une stratégie centrée sur l’identification de zones encore peu explorées en Afrique. Le groupe estime que le continent dispose d’un potentiel important, comparable à celui de grands pays producteurs comme l’Australie ou le Canada, mais reste largement sous-exploité. Dans ce cadre, le Maroc figure parmi les six pays ciblés, aux côtés de l’Afrique du Sud, du Mali, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et du Zimbabwe.
Le projet de Tichla repose sur un permis acquis en 2024 dans la ceinture géologique de Tasiast, connue pour ses formations riches en pegmatites. L’approche adoptée par l’entreprise suit une progression classique dans le secteur minier : études documentaires, travaux de terrain, puis éventuellement campagnes de forage si les résultats sont jugés prometteurs.
Un élément clé du projet réside dans le partenariat établi avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM). Cette collaboration permet d’inscrire le projet dans un cadre institutionnel structuré, facilitant les démarches administratives et l’accès aux autorisations nécessaires, même si les modalités financières restent non divulguées.
Au-delà de la phase d’exploration, Lithium Africa Resources met en avant un potentiel industriel au Maroc. Le groupe évoque l’émergence d’une capacité de transformation du lithium conforme aux exigences de l’Inflation Reduction Act américain, une législation qui impose des critères stricts sur l’origine des matières premières utilisées dans les batteries.
Cette orientation pourrait renforcer la position du Maroc dans les chaînes d’approvisionnement destinées aux marchés occidentaux, en particulier européens et américains. Le pays pourrait ainsi jouer un rôle d’interface entre extraction minière et transformation industrielle, dans un contexte mondial marqué par la diversification des sources d’approvisionnement.
Toutefois, aucun détail chiffré n’a été communiqué concernant les capacités industrielles envisagées ni les investissements nécessaires. Le projet reste donc à un stade exploratoire, où la découverte de gisements exploitables constitue l’enjeu principal.
À l’échelle du continent, Lithium Africa Resources souligne que l’Afrique ne capte qu’une faible part des investissements mondiaux dans l’exploration du lithium. Cette situation pourrait néanmoins représenter une opportunité, avec un potentiel de valorisation élevé pour des projets encore sous-évalués.
En intégrant le Maroc dans sa stratégie globale, le groupe mise sur une combinaison entre potentiel géologique, cadre institutionnel et perspectives industrielles. Le projet de Tichla s’inscrit ainsi dans une vision à long terme, où la découverte de ressources pourrait ouvrir la voie à une intégration dans les chaînes mondiales de production de batteries.
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