Made in Morocco : l’industrie pharmaceutique marocaine n’exploite que la moitié de son potentiel de production
L’industrie pharmaceutique marocaine dispose d’importants atouts pour renforcer sa présence sur les marchés internationaux, mais elle fonctionne encore en dessous de son potentiel. Malgré une infrastructure industrielle développée et une offre diversifiée de médicaments, les capacités de production des laboratoires nationaux ne sont utilisées qu’à environ 50 %, laissant entrevoir de nouvelles perspectives de croissance, notamment à l’export.
Le Royaume compte actuellement 57 établissements pharmaceutiques capables de produire une large gamme de médicaments répondant aux besoins du marché local et international. Les unités industrielles fabriquent notamment des médicaments conventionnels, des produits injectables, de l’insuline, des traitements anticancéreux, des vaccins, ainsi que des médicaments issus des biotechnologies et des biosimilaires, un segment en pleine expansion à l’échelle mondiale.
Grâce aux investissements réalisés au cours des dernières années, les médicaments « Made in Morocco » sont aujourd’hui commercialisés dans plus de quarante pays. Cette présence à l’international s’étend aussi bien à plusieurs marchés africains qu’à certains pays européens, illustrant la montée en qualité de la production nationale et le respect des standards internationaux.
Les professionnels du secteur estiment que les capacités industrielles encore disponibles pourraient permettre d’accroître significativement les exportations sans nécessiter d’importantes extensions des infrastructures existantes. Cette marge de production représente une opportunité stratégique pour accompagner la demande croissante en médicaments sur le continent africain tout en consolidant les partenariats avec les marchés européens.
Cependant, plusieurs défis restent à relever pour accélérer cette dynamique. Les acteurs de l’industrie soulignent l’importance d’une meilleure harmonisation des réglementations entre les pays partenaires, d’une reconnaissance mutuelle des normes pharmaceutiques ainsi que de la digitalisation des procédures administratives afin de fluidifier les échanges commerciaux.
Le secteur met également en avant la nécessité de renforcer les mécanismes de financement destinés aux projets industriels et d’investir davantage dans la formation de profils hautement qualifiés. Les besoins concernent notamment les métiers liés à la fabrication pharmaceutique, au contrôle qualité, aux affaires réglementaires, aux bioprocédés, aux biotechnologies et au transfert de technologies.
Dans cette perspective, la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutiques plaide pour une stratégie de co-industrialisation avec les partenaires européens. Cette approche repose sur le développement de contrats de fabrication, de licences industrielles, de transferts de procédés de production et de projets communs visant à renforcer l’intégration du Maroc dans les chaînes de valeur pharmaceutiques internationales.
Avec une base industrielle déjà solide, une expertise reconnue et des capacités de production encore largement disponibles, l’industrie pharmaceutique marocaine ambitionne de devenir un acteur incontournable de la fabrication de médicaments au service des marchés africains et européens.
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