Maladies cardiovasculaires : la Commission européenne recommande des bilans réguliers dès 35 ans
À l’approche de la Journée mondiale du cœur, la Commission européenne veut renforcer la prévention des maladies cardiovasculaires à travers une meilleure détection des facteurs de risque. Bruxelles recommande notamment aux États membres de généraliser des bilans de santé adaptés à l’âge, avec une surveillance régulière à partir de 35 ans.
Cette orientation intervient dans le cadre du lancement de la première Semaine européenne du dépistage, organisée du 28 septembre au 4 octobre 2026. Plusieurs initiatives sont déployées dans les États membres afin de sensibiliser la population à l’importance de connaître ses principaux indicateurs de santé cardiovasculaire.
Les maladies cardiovasculaires au cœur de la prévention européenne
Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de décès dans l’Union européenne. Elles sont responsables d’environ 1,7 million de décès chaque année et concernent directement quelque 62 millions de personnes. Leur impact économique dépasse 282 milliards d’euros par an, notamment en raison de leurs conséquences sur la productivité et l’activité économique.
Face à cette situation, l’Union européenne s’est fixé l’objectif de réduire de 25 % d’ici 2035 les décès prématurés liés aux maladies cardiovasculaires. La prévention et l’identification précoce des facteurs de risque constituent l’un des axes retenus dans cette démarche.
Une surveillance adaptée à chaque tranche d’âge
Les recommandations européennes reposent sur une approche progressive en fonction de l’âge.
Pour les personnes de moins de 35 ans, la Commission préconise au moins un bilan cardiovasculaire. Une attention supplémentaire devrait être accordée aux personnes présentant des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires précoces ou de mort cardiaque subite.
Entre 35 et 64 ans, les bilans devraient être réalisés de manière systématique, au minimum tous les cinq ans. Ils doivent notamment permettre d’identifier les principaux facteurs de risque cardiovasculaire et d’évaluer les habitudes de vie. La fréquence pourrait être adaptée en fonction du niveau de risque individuel.
À partir de 65 ans, la Commission recommande des contrôles plus rapprochés, avec un intervalle de trois à cinq ans, selon les recommandations et le profil de risque.
Hypertension, cholestérol et glycémie sous surveillance
La démarche européenne met l’accent sur plusieurs indicateurs susceptibles de révéler un risque cardiovasculaire avant l’apparition de symptômes.
La pression artérielle, le cholestérol et la glycémie figurent ainsi parmi les principaux paramètres à surveiller. La campagne européenne « Know Your Numbers » souligne que certains facteurs de risque peuvent rester silencieux pendant plusieurs années, d’où l’importance d’un dépistage régulier.
L’hypertension, l’hypercholestérolémie, le diabète et l’obésité sont également identifiés comme des facteurs majeurs dans la prévention cardiovasculaire.
Des disparités entre les États membres
La Commission souhaite par ailleurs réduire les différences existant entre les systèmes de santé européens. Les dispositifs de dépistage cardiovasculaire ne sont pas encore organisés de manière uniforme dans les 27 États membres.
L’objectif affiché est donc de favoriser un accès plus large aux bilans préventifs, tout en tenant compte des réalités nationales et des profils de risque des populations. Une attention particulière doit être portée aux groupes considérés comme plus exposés et aux populations vulnérables.
Cette dimension figure également parmi les priorités du plan européen pour la santé cardiovasculaire, présenté en décembre 2025, qui place la prévention et les besoins des populations vulnérables au centre de l’action européenne.
Une première Semaine européenne du dépistage
Le lancement de la Semaine européenne du dépistage accompagne cette nouvelle dynamique. À Bruxelles, des contrôles gratuits portant notamment sur la tension artérielle, l’indice de masse corporelle, le tour de taille, les lipides et l’HbA1c sont proposés du 28 septembre au 2 octobre.
D’autres initiatives sont organisées dans plusieurs pays européens. En Bulgarie, par exemple, une campagne à Sofia cible les adultes de 35 à 65 ans avec des mesures de la tension, du poids, de l’IMC, du tour de taille, de la glycémie et du profil lipidique.
À travers ces actions, la Commission européenne entend faire du dépistage précoce un élément plus systématique de la prévention cardiovasculaire et contribuer à son objectif de réduction des décès prématurés à l’horizon 2035.
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