Mandalas : cette activité simple qui aide à déconnecter des écrans
Entre surcharge numérique, sollicitations permanentes et besoin de ralentir, le coloriage de mandalas connaît un nouvel engouement. Cette pratique inspirée d’une tradition ancienne séduit par sa simplicité et offre un moment de concentration loin des écrans.
À première vue, il ne s’agit que de quelques formes géométriques à remplir de couleurs. Pourtant, le mandala s’est progressivement imposé comme une parenthèse de calme dans un quotidien souvent rythmé par les notifications, les réseaux sociaux et l’omniprésence des écrans. Accessible sans compétence artistique particulière, cette activité invite à ralentir et à se concentrer sur un geste simple et répétitif.
Une activité simple pour faire une pause
Pas besoin d’un équipement sophistiqué pour commencer. Une feuille représentant un mandala, quelques crayons, des feutres ou de la peinture suffisent. Chacun peut choisir ses couleurs, son rythme et la manière dont il souhaite s’approprier le motif.
Cette accessibilité contribue à son succès, notamment dans un contexte où les usages numériques occupent une place grandissante dans la vie quotidienne. Au Maroc, la consommation mensuelle d’Internet par utilisateur a atteint 60 gigaoctets à fin mars 2026, soit une progression de 48 % sur un an selon l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT).
Face à cette présence accrue du numérique, les activités manuelles peuvent apparaître comme une manière très concrète de s’accorder un temps de déconnexion.
Quand le coloriage devient un exercice de concentration
Pour Zineb Elouataoui, psychothérapeute et art-thérapeute, l’intérêt du mandala réside notamment dans l’attention qu’il mobilise. Le fait de choisir une couleur, de suivre une forme et de remplir progressivement un espace demande une concentration qui peut détourner momentanément l’esprit des préoccupations quotidiennes.
La structure circulaire et symétrique du mandala participe également à cette expérience. Historiquement associé à la méditation et à la concentration, le motif a aussi intéressé le psychiatre suisse Carl Jung, qui l'a notamment utilisé dans ses réflexions autour du recentrage psychique.
Le caractère répétitif du coloriage contribue, lui aussi, à installer un rythme régulier. L’activité peut ainsi être vécue comme un moment de pause, sans pour autant nécessiter une pratique formelle de la méditation.
Une réponse à la fatigue numérique
L’intérêt contemporain pour les mandalas ne tient pas uniquement à leur dimension esthétique. Leur succès peut aussi être rapproché d’un besoin de retrouver des activités physiques et tangibles dans un quotidien largement dématérialisé.
Pour la spécialiste, le coloriage permet de quitter temporairement une consommation passive de contenus numériques pour retrouver une activité qui sollicite directement les mains, le regard et l’attention.
Cette recherche de contact avec la matière dépasse d’ailleurs le seul univers du mandala. Papier, argile, peinture ou autres activités créatives peuvent offrir cette même sensation de retour au concret.
Une tradition ancienne revisitée
Le terme « mandala » vient du sanskrit et signifie « cercle ». Dans différentes traditions, ces compositions géométriques ont été utilisées comme supports de méditation et de concentration.
Au Tibet, certains mandalas sont notamment réalisés avec du sable coloré avant d’être volontairement détruits une fois achevés. Le geste rappelle que la création peut également être une expérience de patience, de présence et de détachement du résultat final.
Quand l’esthétique du mandala fait écho au Maroc
Cette fascination pour les formes géométriques n’est pas étrangère à l’univers artistique marocain. Le zellige, emblématique de l’art décoratif du Royaume, repose lui aussi sur la répétition, la symétrie et la construction de motifs géométriques complexes.
Dans les riads, palais et monuments, les compositions réalisées à partir de pièces de terre cuite émaillée créent des décors où les formes semblent pouvoir se prolonger à l’infini.
Sans être directement issu de cette tradition, le mandala peut ainsi entrer en résonance avec une sensibilité esthétique familière au Maroc : celle des motifs répétitifs, de la géométrie et de l’harmonie visuelle.
Une parenthèse créative plutôt qu'une performance
Le véritable intérêt du mandala réside finalement moins dans le résultat obtenu que dans le temps consacré à sa réalisation. Il n’est pas nécessaire de savoir dessiner, de respecter une palette particulière ou de chercher la perfection.
Choisir une couleur, remplir progressivement les espaces et observer le motif prendre forme peut simplement devenir un rituel personnel pour ralentir. À l’heure où l’attention est constamment sollicitée, cette simplicité constitue peut-être l’un des principaux attraits du mandala.
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