Marine atlantique marocaine : une carte scientifique pour sauver la biodiversité et les stocks de pêche
Des chercheurs internationaux ont récemment présenté une étude approfondie visant à protéger la marine atlantique marocaine face à la fragilisation des stocks halieutiques et aux exigences internationales en matière de conservation de la biodiversité. Appuyée sur une modélisation spatiale de haute résolution couvrant l’ensemble de la zone économique exclusive (ZEE) atlantique du pays, cette analyse offre une vision intégrée des distributions biologiques, de l’effort de pêche et des dispositifs de protection existants. Les auteurs qualifient cet espace maritime de « système socio-écologique complexe », où coexistent une forte hétérogénéité écologique, des gradients bathymétriques marqués et une intensité variable des usages extractifs, tout en restant vulnérable aux pressions humaines.
La façade atlantique marocaine est au cœur de l’économie nationale, avec la pêche représentant près de 1,5 % du PIB et fournissant un emploi direct ou indirect à environ 700 000 personnes. Cependant, le rapport met en garde contre la surexploitation de nombreux stocks : les petits pélagiques, piliers historiques des débarquements, ont vu leur biomasse diminuer de 11 % ces dernières années, tandis que l’absence de données complètes sur la pêche artisanale risque de sous-estimer sa pression réelle sur les écosystèmes côtiers.
Les aires marines protégées sont reconnues comme des outils essentiels pour la conservation et la résilience des écosystèmes. Au Maroc, trois sites de catégorie VI ont été créés en 2014, dont Mogador et Massa, mais leur couverture reste insuffisante pour répondre aux objectifs internationaux, tels que la cible 30×30 qui vise la protection de 30 % des espaces marins d’ici 2030. Selon le rapport, seulement 1,58 % de l’aire centrale de répartition des espèces et habitats marins se trouve actuellement protégée, avec une sous-représentation notable des espèces vulnérables ou menacées.
Pour remédier à ces lacunes, les chercheurs ont utilisé une planification spatiale intégrée sur 1,2 million de km² de ZEE, divisée en plus de 179 000 unités spatiales. L’approche s’appuie sur le logiciel Prioritizr, qui combine objectifs écologiques et contraintes socio-économiques, permettant de modéliser différents scénarios de protection. Selon les résultats, atteindre les objectifs biologiques nécessite soit de protéger environ un tiers de la zone pour un compromis limité sur la pêche, soit de couvrir plus des trois quarts de la ZEE pour minimiser les pertes halieutiques. Les zones prioritaires se concentrent le long de la côte entre Imssouane et Tarfaya et suggèrent d’étendre les aires existantes plutôt que de créer de nouveaux périmètres isolés.
Les chercheurs soulignent que ces cartes et scénarios constituent des outils d’aide à la décision et non des plans réglementaires définitifs. Leur succès dépendra de la participation active des communautés de pêche et d’un dispositif de gouvernance efficace capable d’assurer la mise en œuvre des mesures de protection.
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