Maroc-Indonésie : quatre secteurs stratégiques au cœur du rapprochement économique
Le Maroc et l’Indonésie affichent leur volonté de donner une nouvelle dimension à leur partenariat économique. Réunis mardi à Jakarta, les responsables des deux pays ont identifié plusieurs secteurs susceptibles de soutenir une hausse des investissements et des échanges commerciaux, avec un intérêt particulier pour les fertilisants, les énergies renouvelables, le tourisme et la mobilité électrique.
Cette orientation traduit la volonté de Rabat et de Jakarta de faire évoluer leurs relations économiques vers des projets davantage axés sur l’investissement, l’industrialisation et le développement de chaînes de valeur communes.
Jakarta mise sur le potentiel marocain
Lors d’un entretien avec l’ambassadeur du Maroc en Indonésie, Redouane Houssaini, le ministre indonésien de l’Investissement et de la Transformation industrielle, Rosan Perkasa Roeslani, a présenté le Royaume comme un partenaire présentant un intérêt particulier dans la stratégie de diversification économique de son pays.
Le responsable indonésien, également à la tête du fonds souverain Danantara, souhaite notamment renforcer les échanges dans des activités à forte valeur ajoutée. Les fertilisants, les énergies renouvelables, le tourisme et les véhicules électriques figurent parmi les domaines identifiés comme prioritaires.
Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de transformation industrielle menée par Jakarta, qui ambitionne de positionner l’Indonésie parmi les cinq premières économies mondiales à l’horizon 2045.
Le Maroc met en avant ses infrastructures
De son côté, l’ambassadeur marocain a présenté les principaux atouts du Royaume susceptibles d’intéresser les investisseurs indonésiens.
Il a notamment mis en avant les grands projets d’infrastructures et les plateformes industrielles développés au Maroc, parmi lesquels le complexe portuaire de Tanger Med, le futur port Dakhla Atlantique, le réseau de trains à grande vitesse et les zones industrielles intégrées.
Ces infrastructures sont présentées comme des leviers permettant au Maroc de renforcer son rôle de plateforme logistique et industrielle entre l’Afrique, l’Europe et d’autres marchés internationaux.
La préparation du Royaume à l’organisation de la Coupe du Monde 2030 constitue également, selon l’ambassadeur, un facteur susceptible d'accélérer les investissements dans plusieurs secteurs.
Des secteurs appelés à structurer le partenariat
Au-delà des échanges commerciaux traditionnels, les discussions entre les deux parties mettent l’accent sur des filières considérées comme stratégiques pour les économies marocaine et indonésienne.
Le secteur des fertilisants apparaît notamment comme un domaine présentant un potentiel de coopération important. Les énergies renouvelables et la mobilité électrique ouvrent également des perspectives autour de l’industrie, des technologies propres et de la transition énergétique.
Le tourisme constitue un autre axe identifié, avec la possibilité de développer davantage les échanges entre les deux marchés.
Cette approche pourrait permettre aux entreprises des deux pays de dépasser une logique limitée au commerce de biens pour s’inscrire dans des partenariats industriels et des investissements de long terme.
Vers un cadre d’investissement plus sécurisé
Les deux responsables ont également convenu de travailler au renforcement du cadre juridique régissant leurs relations économiques.
La protection et la promotion des investissements figurent parmi les sujets prioritaires, avec l’objectif de créer davantage de visibilité et de sécurité pour les opérateurs économiques marocains et indonésiens.
Un environnement juridique plus adapté doit notamment faciliter la concrétisation de nouveaux projets et encourager les investisseurs à explorer les opportunités disponibles dans les deux marchés.
Une coopération tournée vers les chaînes de valeur
Les infrastructures de transport et les réseaux logistiques constituent également un levier potentiel de rapprochement entre les deux économies.
Le Maroc dispose d’une position permettant de connecter les marchés africains et européens, tandis que l’Indonésie occupe une place stratégique en Asie du Sud-Est. Une meilleure articulation de leurs réseaux pourrait ainsi favoriser de nouvelles connexions commerciales et industrielles.
À travers cette nouvelle dynamique, Rabat et Jakarta cherchent à inscrire leur relation économique dans une logique davantage orientée vers la création de valeur, l’investissement et l’industrialisation.
Les fertilisants, les énergies propres et la mobilité électrique pourraient ainsi devenir les principaux terrains d’expérimentation d’un partenariat appelé à prendre une dimension plus stratégique.
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