Maroc : 21 décrets précisent les attributions des ministres du nouveau gouvernement
La nouvelle architecture gouvernementale se précise. Le Bulletin officiel n° 7555, daté du 26 octobre 2026, comprend 21 décrets définissant les attributions des membres du gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri, ainsi que la délégation de certaines compétences relatives aux relations avec le Parlement et la société civile. Ces dispositions prennent effet à compter du 16 octobre et organisent la répartition des missions entre les différents départements ministériels.
Cette réorganisation prévoit notamment le regroupement de plusieurs secteurs, la redistribution de certaines responsabilités et la clarification de la tutelle exercée sur les établissements publics. Elle concerne des domaines aussi variés que les finances, la protection sociale, l’éducation, l’industrie, la communication, le numérique et l’intelligence artificielle.
Communication et jeunesse réunies dans un même département
Parmi les changements notables figure le périmètre des missions confiées à Mohamed Mehdi Bensaid. En plus de ses responsabilités dans les domaines de la jeunesse, de la culture et des sports, il prend en charge les attributions relatives à la communication, ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique intégrée de la jeunesse.
Le ministre assure également la tutelle sur les établissements publics relevant des départements chargés de la culture et de la communication. Cette organisation rassemble ainsi plusieurs domaines au sein d’un même portefeuille ministériel.
Pour les professionnels des médias et de la communication, cette nouvelle répartition constitue un changement institutionnel important, en raison du rattachement de la communication à un département qui couvre également la culture, les sports et la jeunesse.
L’intelligence artificielle et la transformation numérique au cœur des missions publiques
Autre évolution notable, Ahmed Rahhou est chargé du portefeuille de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration.
Ses attributions comprennent l’élaboration de la politique gouvernementale en matière d’intelligence artificielle et le suivi de son application. Elles couvrent également la transition numérique, la réforme de l’administration et la tutelle de l’État sur l’Agence de développement du digital.
Cette répartition inscrit l’intelligence artificielle et la transformation numérique dans un périmètre ministériel commun, associé à la modernisation de l’administration publique.
Économie, finances et investissement : des responsabilités réparties
Les décrets précisent également les compétences de Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Efficacité publique. Celui-ci intervient dans les domaines économiques et financiers, ainsi que dans la convergence et l’évaluation des politiques publiques. Il assure par ailleurs la tutelle de l’État sur la Caisse de compensation et la Caisse nationale de sécurité sociale.
De son côté, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Inclusion économique, conserve les attributions relatives à l’industrie, au commerce et à l’investissement, à l’exception des compétences liées à la convergence et à l’évaluation des politiques publiques, confiées à Fouzi Lekjaa.
Cette distinction précise le partage des responsabilités entre le département économique et financier et celui chargé de l’industrie et de l’investissement.
Une nouvelle répartition dans les secteurs sociaux et éducatifs
La réorganisation concerne également la santé, la protection sociale, l’emploi et l’éducation. Youns Bjijou, ministre de la Santé et de la Protection sociale, est chargé de définir la politique de l’État en matière de protection sociale, d’en suivre la mise en œuvre et de favoriser la convergence des programmes gouvernementaux concernés.
Abderrahim Chahid, ministre de l’Emploi et du Dialogue social, exerce pour sa part les attributions relatives à l’emploi et aux affaires sociales, à l’exception de celles qui relèvent de la protection sociale.
Dans le domaine éducatif, les attributions confiées à Mohamed Nabil Benabdallah regroupent l’éducation nationale, l’enseignement préscolaire, la formation professionnelle et la qualification. Elles comprennent également les compétences relatives aux crèches et la tutelle sur les Académies régionales d’éducation et de formation ainsi que sur les établissements publics concernés.
Azzedine El Midaoui prend en charge l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et la formation des cadres.
Des compétences précisées dans plusieurs autres secteurs
Les décrets définissent aussi les responsabilités ministérielles dans les domaines de l’équipement, de l’eau, des forêts, de l’agriculture, de l’énergie, des mines, du transport, de la logistique et de l’aménagement du territoire.
Nizar Baraka voit notamment ses attributions étendues à la protection et au développement des ressources forestières, à la lutte contre la désertification et à la gestion des aires protégées. Khalid Hatimi est chargé de la politique gouvernementale relative à la souveraineté alimentaire.
Les textes précisent également les compétences d’Abdessamad Kayouh dans le transport et la logistique, notamment la tutelle de l’État sur l’Office national des chemins de fer, dans l’attente de la modification du texte portant sa création.
En matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme, d’habitat et de politique de la ville, les responsabilités sont confiées à Samir Belfquih, également porte-parole du gouvernement.
Les domaines de l’économie solidaire, de la famille, du développement social et de l’égalité font également l’objet de dispositions spécifiques. Les textes prévoient notamment les responsabilités de Jalal Charaf et de Najwa Koukouss, ainsi que la tutelle exercée sur plusieurs établissements publics.
Une architecture gouvernementale encadrée par 21 décrets
Au total, les 21 décrets publiés au Bulletin officiel précisent les attributions des membres du gouvernement, les compétences déléguées et les établissements publics placés sous la tutelle des différents départements. Ils couvrent également les missions des ministres chargés de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice, des Habous et des Affaires islamiques, ainsi que celles du secrétaire général du gouvernement.
Cette clarification réglementaire fixe le périmètre d’intervention de chaque département dans le cadre de la nouvelle architecture gouvernementale. Elle établit ainsi la répartition officielle des responsabilités entre les ministres et les structures publiques placées sous leur autorité.
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