Maroc : 390 milliards de dirhams pour financer les engagements du gouvernement
Le gouvernement marocain prévoit de mobiliser 390 milliards de dirhams pour concrétiser les engagements de son programme, dont 314 milliards issus du budget général de l’État. Présentée devant la Chambre des conseillers par la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, cette enveloppe doit notamment financer la protection sociale, le soutien au pouvoir d’achat, le développement territorial et l’insertion des jeunes. L’Exécutif affiche également plusieurs objectifs économiques et sociaux à atteindre d’ici 2031.
Une enveloppe de 390 milliards de dirhams
La mise en œuvre du programme gouvernemental repose sur une enveloppe prévisionnelle de 390 milliards de dirhams. Selon les chiffres présentés mercredi par Fatima Ezzahra El Mansouri devant la Chambre des conseillers, 314 milliards proviendraient du budget général de l’État, tandis que les 76 milliards restants seraient mobilisés à partir de ressources extérieures à ce budget.
Cette répartition vise à donner une assise financière aux engagements annoncés par l’Exécutif. Elle place la question du financement au cœur de la stratégie gouvernementale, alors que les autorités souhaitent conjuguer investissements sociaux, développement économique et maîtrise des équilibres budgétaires.
La protection sociale et le pouvoir d’achat en tête des priorités
La ventilation des dépenses annoncées fait ressortir plusieurs axes majeurs. La protection sociale arrive en tête, avec une enveloppe de 108 milliards de dirhams, suivie du soutien au pouvoir d’achat, auquel 93 milliards sont prévus.
Le développement territorial intégré bénéficierait de 57 milliards de dirhams. L’insertion des jeunes mobiliserait 30 milliards, tandis que le développement des infrastructures disposerait de 26 milliards.
Ces montants traduisent la place accordée aux politiques sociales et à la réduction des disparités territoriales dans les priorités affichées par le gouvernement. Ils doivent également accompagner les efforts visant à faciliter l’accès aux opportunités économiques et à renforcer les infrastructures nécessaires au développement des territoires.
Des objectifs économiques fixés à l’horizon 2031
Au-delà des dépenses prévues, le gouvernement affiche plusieurs objectifs macroéconomiques et sociaux à atteindre d’ici 2031. Il ambitionne notamment de porter la croissance économique à 5 % et de réduire le taux de chômage à 7 %.
L’Exécutif prévoit également de faire progresser le taux d’employabilité des femmes à 21,2 %. Sur le plan des équilibres économiques, les objectifs annoncés consistent à limiter le déficit budgétaire à 3 %, l’inflation à 2 % et le taux d’endettement à 62 %.
Ces indicateurs doivent servir de repères pour mesurer les résultats de la politique gouvernementale. Leur réalisation dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment l’évolution de la conjoncture, la capacité à créer des emplois, le rythme des investissements et l’efficacité des mesures mises en œuvre.
Près de 240 milliards de dirhams de recettes fiscales supplémentaires attendues
Pour financer ses engagements, le gouvernement compte aussi sur une augmentation des ressources fiscales. Près de 240 milliards de dirhams de recettes supplémentaires seraient ainsi mobilisés, grâce notamment à la croissance économique et à la progression attendue des recettes fiscales et douanières.
Cette perspective place l’évolution de l’activité économique au centre de l’équation budgétaire. Une croissance plus soutenue peut contribuer à élargir l’assiette fiscale et à renforcer les recettes publiques. L’ampleur des montants effectivement collectés dépendra néanmoins de la dynamique économique et du rendement des différentes sources de revenus de l’État.
Le défi consiste donc à assurer le financement des engagements annoncés tout en respectant les objectifs de déficit et d’endettement. La capacité à concrétiser les recettes attendues constituera un élément important de l’équilibre financier du programme.
La mise en œuvre, principal enjeu du programme
Les montants annoncés donnent une indication de l’ampleur des ambitions gouvernementales. La prochaine étape consistera à traduire ces enveloppes en politiques effectives, avec des calendriers d’exécution, des mécanismes de suivi et des résultats mesurables.
La protection sociale, le pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes et le développement territorial figurent parmi les domaines où les effets des mesures seront particulièrement suivis. L’évolution de la croissance, de l’emploi et des finances publiques permettra également d’évaluer la progression vers les objectifs fixés pour 2031.
Au-delà des annonces financières, l’enjeu sera donc de vérifier la mobilisation effective des ressources et leur traduction en améliorations concrètes pour les citoyens.
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