Maroc : 96 milliards de dirhams pour accélérer la transformation ferroviaire à l’horizon 2030
À l’approche de 2030, le Maroc intensifie ses investissements dans les infrastructures de mobilité afin d’accompagner la croissance des déplacements, soutenir l’activité économique et préparer les grands rendez-vous internationaux à venir. Le secteur ferroviaire concentre à lui seul une enveloppe prévisionnelle de 96 milliards de dirhams à l’horizon 2030.
Cette programmation s’inscrit notamment dans la préparation de la Coupe du Monde 2030, mais dépasse l’échéance sportive. Elle vise à faire évoluer durablement les réseaux de transport, à améliorer les connexions entre les principaux pôles urbains et économiques et à renforcer les capacités logistiques du Royaume.
Le ferroviaire au cœur du programme
Le plan ferroviaire de 96 milliards de dirhams repose notamment sur l’extension de la grande vitesse vers Marrakech et le développement du transport régional. Une enveloppe de 53 milliards de dirhams est prévue pour la LGV Kénitra-Marrakech et le renforcement du réseau régional existant.
Le programme prévoit également 29 milliards de dirhams pour l’acquisition de matériel roulant, dont 18 trains à grande vitesse et 150 trains multiservices, ainsi que 14 milliards de dirhams destinés à la construction ou à la réhabilitation d’une quarantaine de gares et au maintien de la performance du réseau national.
Dans le Grand Casablanca, une composante de 20 milliards de dirhams est déjà engagée dans le cadre de ce programme global. Elle comprend notamment de nouvelles gares, des infrastructures ferroviaires supplémentaires et le développement de services de proximité et régionaux.
Le transport urbain appelé à changer d’échelle
La transformation ne se limite pas au rail. Le transport collectif urbain constitue également un axe important de la politique de mobilité, avec notamment un programme portant sur l’acquisition d’environ 3.796 bus et le déploiement de solutions numériques dédiées à la billettique et à la gestion des flux.
L’objectif est d’améliorer la qualité des déplacements dans les grandes agglomérations et de renforcer les infrastructures permettant de privilégier les modes de transport collectif.
Cette évolution répond également à une problématique appelée à prendre davantage d’importance avec l’augmentation de la population urbaine et l’intensification des déplacements quotidiens.
Les ports au service de la chaîne logistique
La stratégie d’infrastructures s’étend également au secteur portuaire. Nador West Med et le port de Dakhla Atlantique figurent parmi les grands projets destinés à renforcer les capacités logistiques du Maroc. Le programme d’investissement public prévoit notamment des moyens importants pour ces deux infrastructures.
Le développement de Nador West Med s’accompagne par ailleurs d’un projet de connexion ferroviaire avec le réseau national. La liaison doit notamment relier le futur complexe portuaire au réseau existant au niveau de Selouane.
Le port de Safi et le réaménagement de Tanger Ville complètent également cette dynamique, avec l’objectif de renforcer les infrastructures portuaires et leur intégration dans les réseaux de transport.
Des opportunités pour les entreprises
L’ampleur des investissements annoncés ouvre de nouveaux marchés pour les entreprises intervenant dans les infrastructures, le génie civil, les équipements ferroviaires, les technologies numériques et les systèmes de transport intelligent.
Le développement simultané du rail, du transport urbain et des infrastructures portuaires peut également favoriser l’émergence d’écosystèmes industriels autour de la mobilité. Le programme ferroviaire prévoit notamment le développement d’un nouvel écosystème de l’industrie ferroviaire au niveau national.
Pour les opérateurs économiques, ces projets représentent ainsi des perspectives dans plusieurs segments : construction, équipements, maintenance, digitalisation, gestion des flux et solutions logistiques.
Une infrastructure pensée pour l’économie
Au-delà de la mobilité des voyageurs, les investissements doivent contribuer à améliorer les connexions entre les zones industrielles, les plateformes logistiques, les ports et les marchés.
Le renforcement du réseau ferroviaire et des infrastructures portuaires peut notamment faciliter l’acheminement des marchandises et améliorer l’intégration des différentes chaînes logistiques. Le raccordement ferroviaire de Nador West Med illustre cette volonté de mieux connecter les grands pôles portuaires au réseau national.
À l’horizon 2030, la mobilité apparaît ainsi comme un chantier transversal, à la croisée des enjeux de transport, d’aménagement territorial, d’industrie et de compétitivité. Les investissements engagés pour la prochaine décennie doivent donc être appréhendés non seulement comme des infrastructures destinées à accompagner les grands événements internationaux, mais également comme des équipements appelés à soutenir durablement l’activité économique du Royaume.
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