Maroc : douze barrages étudiés pour accueillir des centrales solaires flottantes
L’Agence du bassin hydraulique de Sebou engage une étude de faisabilité consacrée à l’installation de centrales photovoltaïques flottantes sur douze grands barrages. Cette initiative vise à évaluer le potentiel énergétique des retenues, à identifier les sites les plus adaptés et à préparer les conditions d’un éventuel déploiement à moyen terme. Avant d’envisager des investissements, l’établissement entend confronter les perspectives de production aux contraintes techniques, environnementales et financières propres à chaque ouvrage.
Douze barrages répartis sur sept provinces
Le programme couvre un ensemble de retenues situées dans sept provinces. Quatre barrages se trouvent dans la province de Taounate, deux à Khémisset et deux à Sefrou. Les quatre autres sont répartis entre Kénitra, Ouazzane, Moulay Yaacoub et Taza, à raison d’un ouvrage par province.
Cette diversité géographique permettra d’examiner plusieurs configurations et de comparer les possibilités offertes par chaque site. Toutefois, la superficie d’un plan d’eau ou son exposition au soleil ne suffisent pas à déterminer sa pertinence. La surface réellement exploitable, la puissance pouvant être installée, la production électrique attendue et la proximité des infrastructures de raccordement devront notamment être prises en compte.
L’objectif est ainsi d’établir une hiérarchie entre les sites, en distinguant ceux qui présentent des perspectives concrètes de ceux dont les contraintes pourraient limiter la faisabilité.
Des contraintes techniques et environnementales à examiner
L’installation de panneaux photovoltaïques sur des flotteurs nécessite une analyse approfondie des conditions propres à chaque retenue. Les fluctuations du niveau de l’eau, l’action du vent, les courants et la houle peuvent influencer la stabilité des équipements et les dispositifs d’ancrage.
La compatibilité avec l’exploitation des barrages constitue un autre point déterminant. Les futures installations ne devront pas entraver les prises d’eau, les évacuateurs de crues, les opérations de surveillance ou les interventions de maintenance. Les usages locaux des retenues et la préservation des habitats naturels devront également entrer dans l’évaluation.
L’étude devra donc dépasser la seule estimation du potentiel solaire. Elle devra vérifier que les installations envisagées peuvent cohabiter avec les fonctions hydrauliques des ouvrages et respecter les exigences de sécurité ainsi que les règles encadrant l’occupation des plans d’eau.
De l’étude de terrain aux avant-projets
La mission commencera par la collecte des données disponibles et des visites sur site. Chaque barrage fera ensuite l’objet d’un diagnostic destiné à apprécier ses caractéristiques techniques, énergétiques et environnementales.
Pour les emplacements considérés comme les plus pertinents, le travail devra se poursuivre par la préparation d’avant-projets détaillés. Ceux-ci préciseront notamment l’implantation des modules photovoltaïques, des flotteurs et des ancrages, ainsi que l’organisation du câblage et des postes électriques. Une estimation des coûts permettra également de mesurer les besoins financiers associés à chaque option.
Cette démarche doit permettre de passer d’un inventaire des possibilités à une sélection de projets suffisamment documentés pour envisager les étapes suivantes. Le classement des sites reposera ainsi sur une appréciation globale de leur faisabilité, plutôt que sur leur seul rendement énergétique potentiel.
La rentabilité et le mode de financement au cœur des décisions
La viabilité économique représentera un critère central de l’évaluation. Les calculs devront intégrer les dépenses de construction et d’exploitation, les volumes d’électricité susceptibles d’être produits ainsi que la sensibilité des résultats aux principales hypothèses retenues.
Plusieurs modalités de réalisation seront également comparées, notamment la maîtrise d’ouvrage publique, la concession et le partenariat avec des producteurs privés. Ces scénarios impliquent des répartitions différentes des responsabilités, des risques d’exploitation et des besoins de financement.
À l’issue de la mission, l’Agence du bassin hydraulique de Sebou attend une sélection argumentée des sites, un calendrier de déploiement progressif et des dossiers de consultation préparés pour les projets jugés prioritaires. Des projets pilotes pourraient aussi être envisagés afin de tester les performances des installations et d’en mesurer les contraintes avant une éventuelle extension.
Un potentiel à confirmer avant tout déploiement
Le solaire flottant offre une piste pour développer la production photovoltaïque à partir de retenues existantes. Sa mise en œuvre dépend néanmoins de la capacité à concilier production électrique, gestion de l’eau, sécurité des barrages et préservation des écosystèmes.
L’étude lancée par l’Agence doit précisément permettre de déterminer où cette combinaison est réalisable dans le bassin du Sebou. Les conclusions serviront à distinguer les options techniquement et financièrement viables des configurations présentant trop de contraintes, avant toute décision d’investissement.
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