Maroc : entre chocs énergétiques et défis structurels, l’économie sous tension
Face à un environnement international de plus en plus incertain, le Maroc voit son économie soumise à des pressions multiples. Entre tensions géopolitiques, volatilité des marchés énergétiques et impératifs de réformes internes, le Royaume avance sur une ligne de crête, où résilience et adaptation deviennent des priorités stratégiques.
Dans son dernier rapport intermédiaire intitulé « Perspectives économiques : la résilience à l’épreuve », publié par OCDE, l’institution met en garde contre un ralentissement de l’économie mondiale. Elle appelle, dans le même temps, ses partenaires à accélérer les réformes structurelles afin de mieux faire face aux chocs externes.
Une économie exposée aux turbulences mondiales
Le contexte international pèse lourdement sur les équilibres marocains. L’intensification des tensions au Moyen-Orient et les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz ravivent les inquiétudes autour de l’approvisionnement énergétique mondial. Cette situation se traduit par une hausse des prix des hydrocarbures, avec un baril de Brent flirtant avec les 110 dollars.
Pour le Maroc, importateur net d’énergie, cette flambée se répercute directement sur les coûts de production et alimente le risque d’inflation importée. Toutefois, les dernières données montrent une relative accalmie, avec un recul de 0,6 % de l’indice des prix à la consommation en février, notamment grâce à la baisse des prix alimentaires.
Déséquilibres commerciaux et contraintes budgétaires
Au-delà de l’inflation, la détérioration des termes de l’échange constitue un autre facteur de fragilité. Malgré une baisse ponctuelle de la facture énergétique en début d’année, celle-ci reste dépendante de la volatilité des marchés internationaux. Résultat : la balance commerciale continue d’afficher un déséquilibre structurel, marqué par un taux de couverture limité.
Parallèlement, l’État doit faire face à une pression budgétaire accrue. Les mesures de soutien destinées à amortir la hausse des prix mobilisent des ressources importantes, réduisant les marges de manœuvre publiques dans un contexte de déficit en élargissement. La question de la soutenabilité des finances publiques à moyen terme se pose ainsi avec acuité.
La transition énergétique comme levier stratégique
Face à ces défis, la transformation structurelle de l’économie apparaît comme une nécessité. L’OCDE insiste particulièrement sur l’importance de l’efficacité énergétique et du développement des énergies renouvelables.
Le Maroc s’est fixé un objectif ambitieux : porter la part des énergies renouvelables à plus de 52 % du mix électrique d’ici 2030. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux combustibles fossiles, tout en améliorant la compétitivité économique et en maîtrisant les coûts pour les entreprises et les ménages.
Dans ce cadre, le partenariat avec l’OCDE constitue un levier d’accompagnement clé, notamment pour renforcer le cadre réglementaire et mobiliser des financements dédiés à la transition verte.
Des signaux de résilience encourageants
Malgré les pressions, plusieurs indicateurs témoignent de la capacité d’adaptation de l’économie marocaine. La bonne tenue de la campagne agricole, soutenue par un niveau élevé de remplissage des barrages, contribue à contenir les tensions inflationnistes.
Par ailleurs, des secteurs stratégiques continuent de tirer la croissance. L’industrie automobile et l’aéronautique affichent des performances solides, tandis que le tourisme bénéficie d’un regain d’activité, notamment en perspective de la Coupe d’Afrique des nations 2025.
Une coopération internationale renforcée
Sur le plan institutionnel, le Maroc poursuit le renforcement de ses partenariats. La rencontre tenue à Paris le 25 mars 2026 entre Nadia Fettah Alaoui et Mathias Cormann illustre cette dynamique.
Les discussions ont porté sur la mise en œuvre du plan d’action 2024-2026 et sur l’approfondissement de la coopération bilatérale. Elles ont également permis de mettre en avant les réformes engagées par le Royaume, notamment en matière de généralisation de la protection sociale et d’amélioration du climat des affaires.
À travers sa participation active aux travaux de l’OCDE, notamment dans le cadre du programme régional MENA, le Maroc cherche à aligner ses politiques publiques sur les standards internationaux et à renforcer sa crédibilité économique dans un contexte global incertain
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