Maroc : la confiance des ménages recule face aux inquiétudes sur le pouvoir d'achat et l'emploi
Après une amélioration enregistrée en début d'année, le climat de confiance des ménages marocains connaît un nouveau ralentissement. Les derniers résultats de l'enquête permanente de conjoncture menée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) montrent que les perceptions des foyers restent fortement influencées par les préoccupations liées au pouvoir d'achat, à l'emploi et au coût de la vie.
L'Indice de Confiance des Ménages (ICM) s'est établi à 60,1 points au deuxième trimestre 2026, contre 64,4 points lors du trimestre précédent. Malgré ce recul, l'indicateur demeure supérieur au niveau observé à la même période de l'année précédente, où il s'élevait à 54,6 points, traduisant une amélioration sur douze mois, mais un essoufflement de la dynamique positive observée en début d'année.
Un niveau de vie jugé en dégradation
L'évaluation du niveau de vie reste l'un des principaux facteurs pesant sur le moral des ménages. Une large majorité des personnes interrogées estime que leurs conditions de vie se sont détériorées au cours des douze derniers mois. Cette perception est également renforcée par des anticipations peu favorables pour l'année à venir, une part importante des ménages s'attendant à une nouvelle dégradation de leur situation.
Cette évolution reflète la persistance d'un climat économique perçu comme difficile, marqué par des contraintes budgétaires qui continuent d'affecter le quotidien de nombreuses familles.
Le chômage demeure une source d'inquiétude
Les perspectives du marché de l'emploi alimentent également les inquiétudes. Plus de la moitié des ménages anticipent une augmentation du chômage au cours des prochains mois. Même si cette perception apparaît légèrement moins pessimiste qu'un an auparavant, elle se dégrade par rapport au premier trimestre 2026, traduisant une montée des incertitudes concernant l'activité économique et les opportunités d'emploi.
Cette perception de fragilité du marché du travail contribue à limiter les intentions de consommation et à renforcer une attitude prudente face aux dépenses.
Une consommation toujours freinée par les incertitudes
Dans ce contexte, les achats de biens durables restent largement différés. Une majorité des ménages considère que la période actuelle n'est pas favorable à ce type d'investissement.
Si cet indicateur affiche une légère amélioration par rapport aux précédentes enquêtes, il confirme néanmoins que la prudence continue de dominer les comportements de consommation, les foyers privilégiant la maîtrise de leurs dépenses face aux incertitudes économiques.
Des finances sous tension et une faible capacité d'épargne
L'enquête met également en évidence la fragilité persistante de la situation financière des ménages. Une très faible proportion déclare être en mesure de mettre de l'argent de côté, tandis qu'une part importante indique devoir puiser dans son épargne ou recourir à l'endettement afin de couvrir les dépenses courantes.
Par ailleurs, de nombreux ménages estiment que leur situation financière s'est dégradée au cours des douze derniers mois. Les anticipations pour l'année à venir apparaissent relativement stables, sans véritable perspective d'amélioration significative.
Le coût de la vie reste au cœur des préoccupations
L'inflation, en particulier celle des produits alimentaires, demeure l'un des principaux sujets d'inquiétude. Les ménages continuent de percevoir une forte hausse des prix, ce qui pèse directement sur leur pouvoir d'achat et leur capacité à épargner.
Les attentes concernant l'évolution future des prix montrent toutefois un léger regain d'optimisme par rapport aux trimestres précédents, laissant entrevoir un ralentissement des anticipations inflationnistes, sans pour autant effacer les difficultés ressenties au quotidien.
Une confiance encore fragile malgré des progrès sur un an
Les résultats de l'enquête dressent un tableau contrasté de la conjoncture. Si plusieurs indicateurs affichent une amélioration par rapport au deuxième trimestre 2025, le recul observé entre le premier et le deuxième trimestre 2026 montre que les ménages restent prudents face aux perspectives économiques.
Le pouvoir d'achat, le niveau de vie, l'évolution des prix et les incertitudes sur le marché de l'emploi continuent de peser sur le moral des consommateurs. Cette situation souligne les défis qui demeurent pour renforcer durablement la confiance des ménages et soutenir la consommation, moteur essentiel de l'activité économique.
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