Maroc : la fiscalité modernisée au service de l’économie et de l’équité
Younes Idrissi Kaitouni, directeur général de la Direction générale des impôts (DGI), a présenté ce mercredi au siège de la CGEM les résultats et retombées de la réforme fiscale entreprise depuis 2021, mettant en avant les avancées tant pour l’économie que pour les entreprises.
Dans une rencontre calme et structurée, le patron des impôts a défendu les mesures phares de cette réforme, notamment la retenue à la source, et a détaillé leur impact sur les équilibres macroéconomiques et la performance des entreprises. Les recettes fiscales ont atteint 291 milliards de dirhams en 2025, soit une hausse de 74 % par rapport à 2021, avec un poids dans le PIB passant de 20,3 % à 24,6 %. L’impôt sur les sociétés (IS) a bondi de 47,7 milliards à 100,3 milliards de dirhams, la TVA à 71 milliards (+58 %) et l’impôt sur le revenu (IR) à 70 milliards (+47 %).
Au-delà des chiffres, Younes Idrissi Kaitouni a souligné que ces recettes supplémentaires ont permis d’augmenter le budget de l’État de 90 milliards de dirhams sur cinq ans, de financer les revalorisations salariales (40 milliards), de renforcer les ressources des collectivités (+10 milliards) et de soutenir la trésorerie des entreprises (+11 milliards). Les remboursements fiscaux ont également progressé, passant de 13,7 milliards à 25 milliards de dirhams, injectant davantage de liquidités dans l’économie.
Le directeur général a insisté sur l’équité comme socle de la réforme. La progression des recettes s’est faite sans alourdissement de la pression fiscale, grâce à un élargissement de l’assiette, à la lutte contre la fraude et à un cadre plus lisible et sécurisé. La refonte du barème de l’IS avec deux taux graduels (20 % et 35 %), la baisse de la retenue à la source sur les revenus d’actions de 15 % à 10 %, et l’amélioration du régime des plus-values sont autant de mesures favorisant la transparence et l’investissement.
La réforme de la TVA a visé à concilier objectifs économiques, sociaux et équité fiscale, avec un alignement progressif des taux, des exonérations ciblées, et une adaptation aux services numériques. Pour l’IR, le réaménagement du barème progressif et l’allègement de la fiscalité salariale et des retraites ont contribué à soutenir le pouvoir d’achat et à stimuler la demande intérieure.
Enfin, Younes Idrissi Kaitouni a présenté la stratégie de modernisation de l’administration fiscale pour 2024‑2028, centrée sur la digitalisation, la gestion proactive des risques, un registre national intégré du contribuable et l’amélioration de l’expérience usager. Il a conclu que l’objectif est de bâtir une fiscalité moderne, équitable et lisible, renforçant la confiance des citoyens et la crédibilité financière du Maroc à l’international.
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