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Maroc : la réutilisation des eaux usées, un levier stratégique face à la sécheresse

Vendredi 21 Novembre 2025 - 10:30
Par: Naji khaoula
 Maroc : la réutilisation des eaux usées, un levier stratégique face à la sécheresse

Face à une sécheresse persistante depuis 2017 et à la chute spectaculaire du niveau de ses barrages, le Maroc met la réutilisation des eaux usées au cœur de sa stratégie hydrique. Mercredi 19 novembre 2025, un atelier national organisé par le Policy Center for the New South, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne, a réuni une cinquantaine d’acteurs publics et privés pour dresser le bilan du Programme national d’assainissement mutualisé (PNAM) et identifier les leviers pour atteindre l’objectif de 100 millions de mètres cubes d’eaux usées réutilisées d’ici 2027, contre 52,6 millions actuellement.

Le barrage Al Massira, deuxième plus grande retenue du pays, ne contient aujourd’hui qu’1 % de sa capacité, contre 100 % en 2013. Cette situation reflète l’ampleur du stress hydrique marocain, aggravé par une dotation en eau par habitant tombée à 600 m³ par an, bien en dessous du seuil de pénurie fixé à 1.000 m³. Avec 36,8 millions d’habitants et des ressources en eau annuelles de 22 milliards de mètres cubes, le Royaume fait face à une pression croissante sur son patrimoine hydraulique, accentuée par une répartition inégale des ressources sur le territoire.

Pour répondre à cette crise, le Maroc a développé depuis 2006 une politique nationale d’assainissement. Le nombre de stations d’épuration est passé de 7 à 216 entre 2006 et 2024, dont 88 dotées d’un traitement tertiaire permettant la réutilisation de l’eau. Le Programme national d’assainissement liquide mutualisé et de réutilisation des eaux usées traitées (PNAM 2019-2040) fixe des objectifs ambitieux : mobiliser 573 millions de mètres cubes d’eaux usées traitées à terme, dont 531 millions pour les zones urbaines.

L’intégration de la réutilisation dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 2020-2027) marque un tournant stratégique. Objectif : 100 millions de mètres cubes réutilisés par an d’ici 2027, pour l’arrosage d’espaces verts, de golfs et, à terme, pour l’agriculture et l’industrie, avec un budget de 3 milliards de dirhams. Les investissements menés entre 2019 et 2024 ont déjà porté leurs fruits, avec une progression des volumes réutilisés de 23,5 millions à 52,6 millions de mètres cubes par an.

Le secteur privé, et en particulier le groupe OCP, joue un rôle exemplaire. Ses projets industriels ont permis de mobiliser plus de 20 millions de mètres cubes d’eaux usées traitées en 2024 pour le lavage des phosphates, ouvrant la voie à un usage durable et intégré de cette ressource.

Si le Maroc s’inspire de modèles internationaux comme la Tunisie, Bahreïn ou la Jordanie, des défis techniques et réglementaires subsistent. La qualité du traitement doit s’adapter aux usages, et l’irrigation agricole informelle nécessite un encadrement pour sécuriser les ressources tout en préservant l’environnement.

Malgré ces obstacles, la réutilisation des eaux usées s’impose progressivement comme une solution incontournable pour assurer la résilience hydrique du Maroc face à un climat de plus en plus sec.



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