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Maroc : Le gouvernement réduit l’engagement obligatoire des médecins spécialistes dans le public

Vendredi 15 Mai 2026 - 19:44
Maroc : Le gouvernement réduit l’engagement obligatoire des médecins spécialistes dans le public

Le gouvernement marocain engage une transformation majeure du système de formation médicale afin de répondre à la pénurie croissante de médecins spécialistes dans les établissements publics. Présentée à Rabat par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, cette réforme introduit un nouveau modèle destiné à renforcer l’attractivité de l’hôpital public et à accélérer la formation des spécialistes.

Publié au Bulletin officiel du 4 mai 2026, le décret 2.26.342 marque une rupture avec un cadre réglementaire datant du début des années 1990, devenu progressivement inadapté aux évolutions du système de santé national. À travers ce chantier, l’Exécutif cherche à repenser la gestion des ressources humaines médicales en misant davantage sur la fidélisation que sur la contrainte administrative.

L’une des principales mesures annoncées concerne la durée d’engagement obligatoire dans le secteur public pour les médecins spécialistes. Longtemps fixée à huit ans, cette période sera progressivement réduite pour atteindre trois années à partir de 2032. Le gouvernement estime que l’ancien système avait fini par décourager une partie des praticiens, favorisant les départs vers le secteur privé ou l’étranger.

La transition sera progressive afin de préserver l’équilibre des structures hospitalières publiques. Les promotions 2024 et 2025 resteront soumises à un engagement de six ans, tandis que les résidents diplômés entre 2026 et 2031 bénéficieront d’une réduction graduelle avant l’entrée en vigueur du nouveau régime définitif. Les futurs résidents devront désormais signer leur engagement dès leur nomination.

Le nouveau dispositif prévoit également une réorganisation du parcours universitaire des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire. Désormais, le concours d’accès à l’internat pourra être présenté dès la quatrième année d’études, contre la cinquième auparavant. Cette mesure vise à accélérer la formation des spécialistes et à répondre plus rapidement aux besoins des hôpitaux publics, notamment dans les régions confrontées à une pénurie médicale persistante.

Le décret introduit par ailleurs un cadre juridique harmonisé pour l’ensemble des statuts hospitaliers universitaires, incluant les externes, internes, résidents et stagiaires observateurs. Cette clarification était réclamée depuis plusieurs années au sein des facultés de médecine afin de mieux structurer les parcours de formation et sécuriser les droits des étudiants actuellement en cursus.

Cette réforme accompagne également la future mise en place des Groupements sanitaires territoriaux (GST), qui constitueront le socle de la nouvelle organisation hospitalière nationale. Les autorités souhaitent rapprocher davantage les parcours de spécialisation des besoins régionaux et renforcer l’adaptation de l’offre de soins aux réalités territoriales du Maroc.

Autre évolution notable : la revalorisation du statut des résidents. Dès leur première année de résidanat, ceux-ci seront intégrés au premier grade du cadre des médecins, pharmaciens ou médecins-dentistes avec attribution de l’indice 509. Cette mesure vise à améliorer leur stabilité professionnelle et leurs conditions administratives et sociales durant leur parcours de spécialisation.

Le gouvernement inscrit cette réforme dans un contexte de forte tension sur les ressources humaines médicales. Selon les données présentées par le ministère, le Royaume formait jusqu’ici entre 300 et 400 médecins spécialistes par an, un niveau jugé insuffisant face à la demande croissante. Les capacités de formation ont toutefois fortement progressé depuis 2020 et les autorités ambitionnent désormais d’atteindre près de 2.000 diplômés par an à l’horizon 2030.

À travers cette refonte, l’Exécutif espère intégrer plus de 6.600 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public d’ici 2032 et renforcer durablement l’attractivité de l’hôpital public marocain face à la concurrence du privé et de l’international.


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