Maroc : le Royaume intègre le Top 10 mondial des pays attirant le plus de capitaux privés pour le développement
Le Maroc confirme son attractivité auprès des investisseurs internationaux. D’après le Private Finance Mobilisation Report 2026 publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Royaume figure parmi les dix principaux pays bénéficiaires des capitaux privés mobilisés grâce aux interventions des institutions publiques de développement entre 2021 et 2024.
Cette performance illustre la capacité du pays à attirer des financements destinés à soutenir des projets de développement, dans un contexte où les mécanismes de partage des risques et les partenariats entre secteurs public et privé prennent une importance croissante pour financer les économies émergentes.
Une place de choix dans le classement mondial
Selon l’OCDE, le Maroc a mobilisé en moyenne 1,5 milliard de dollars de capitaux privés par an sur la période 2021-2024. Cette performance lui permet de figurer à la dixième place mondiale, aux côtés d’autres économies émergentes qui bénéficient d’un intérêt croissant des investisseurs internationaux.
Contrairement aux investissements directs étrangers (IDE), cet indicateur mesure les financements privés générés grâce à l’action des banques multilatérales de développement, des agences de coopération et des institutions financières publiques. Ces acteurs utilisent notamment des garanties, des mécanismes de financement mixte et des dispositifs de partage des risques afin de rendre les projets plus attractifs pour les investisseurs privés.
Le rapport souligne que le Brésil et l’Inde dominent largement ce classement, devant plusieurs économies émergentes telles que le Mozambique, la Turquie, le Mexique et le Maroc. À eux seuls, le Brésil et l’Inde concentrent près d’un quart des capitaux privés mobilisés à l’échelle mondiale durant la période étudiée.
L’Afrique devient la première région bénéficiaire
L’étude met également en évidence une évolution majeure : l’Afrique est désormais la région qui attire le plus de financements privés mobilisés par les institutions de développement.
Entre 2021 et 2024, le continent a capté environ 30 % des montants mobilisés dans le monde, soit près de 19,7 milliards de dollars par an. Les garanties financières, les investissements directs dans les entreprises ainsi que les prêts syndiqués constituent les principaux leviers utilisés pour sécuriser les projets et encourager les investisseurs privés.
Cette dynamique traduit une confiance croissante envers plusieurs marchés africains, dont le Maroc, qui bénéficient d’un environnement économique relativement stable et de politiques favorables à l’investissement.
Des financements encore concentrés sur les économies intermédiaires
L’OCDE souligne toutefois que la répartition des financements demeure inégale. Les pays à revenu intermédiaire concentrent près de 69 % des capitaux privés mobilisés, tandis que les pays les moins avancés n’en reçoivent qu’environ 8 %.
Cette situation s’explique notamment par la maturité des marchés financiers, la qualité des cadres réglementaires, la stabilité macroéconomique et la perception du risque par les investisseurs. Les économies offrant davantage de visibilité et de sécurité continuent ainsi d’attirer une part importante des financements disponibles.
Les infrastructures et le climat restent prioritaires
À l’échelle mondiale, les capitaux privés mobilisés sont principalement orientés vers les secteurs présentant les perspectives de rentabilité les plus solides. Les infrastructures économiques, les services, l’industrie, les activités minières et l’agriculture figurent parmi les principaux bénéficiaires.
À l’inverse, les secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation, continuent de capter une part plus limitée de ces financements en raison de modèles économiques généralement moins attractifs pour les investisseurs privés.
Le rapport met également en avant la montée en puissance des projets liés à la transition environnementale. Environ 40 % des capitaux privés mobilisés soutiennent des initiatives en faveur du climat, principalement destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les investissements consacrés à l’adaptation aux conséquences du changement climatique progressent, mais restent encore insuffisants au regard des besoins.
Un enjeu majeur pour le financement du développement
Depuis 2012, les interventions des institutions publiques de développement ont permis de mobiliser plus de 600 milliards de dollars de capitaux privés à travers le monde, avec un niveau record atteint en 2024.
Malgré cette progression, l’OCDE estime que les ressources disponibles demeurent insuffisantes pour répondre aux besoins de financement des Objectifs de développement durable et de la transition climatique. L’organisation recommande ainsi de renforcer les mécanismes de garanties, le financement mixte et les outils de réduction des risques afin d’élargir la participation des investisseurs privés.
Pour le Maroc, cette reconnaissance internationale confirme le renforcement de son positionnement comme plateforme régionale d’investissement et de financement du développement. Elle témoigne également de la confiance accordée par les partenaires financiers internationaux dans la capacité du Royaume à accueillir des projets structurants, tout en consolidant son rôle au sein des économies émergentes du continent africain.
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