Maroc : un nouveau dispositif pour rémunérer les journalistes et la presse écrite
La presse écrite au Maroc pourrait bientôt bénéficier d’un nouveau levier de soutien économique. Vendredi dernier à Rabat, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a annoncé la mise en place de redevances pour reproduction reprographique, un dispositif destiné à rémunérer l’utilisation des contenus journalistiques.
Cette initiative, présentée lors d’une rencontre dédiée aux professionnels du secteur, vise à permettre aux journaux papier de faire valoir leurs droits et à soutenir un secteur en pleine mutation face à l’essor du numérique. Le ministre a souligné l’importance de protéger les droits d’auteur afin de garantir la pérennité des médias et de valoriser le travail des journalistes, dont le rôle est essentiel dans la société.
La réforme ne se limite pas au papier. Elle s’inscrit dans une approche globale, incluant la presse électronique, désormais centrale dans l’écosystème médiatique. En collaboration avec le Bureau Marocain des Droits d’Auteur et Droits Voisins (BMDAV), des mécanismes sont en cours de développement pour permettre aux médias numériques de percevoir des revenus liés à l’exploitation de leurs contenus, notamment via le système de copie privée.
Dalal Mhamdi Alaoui, directrice du BMDAV, a détaillé les deux volets principaux de cette initiative : un cadre juridique définissant acteurs concernés, bénéficiaires et modalités de perception des redevances, ainsi qu’une future plateforme numérique. Cette dernière permettra aux journalistes professionnels de s’inscrire et de déclarer leurs articles, d’abord pour la presse écrite, puis à terme pour les contenus numériques.
La responsable a précisé que seuls les contenus à valeur intellectuelle et originale, comportant analyse, réflexion et création, seront éligibles. Au-delà de l’aspect économique, l’objectif est de protéger le rôle fondamental de la presse et de l’édition dans la diffusion de la culture et la formation du citoyen. La protection des droits matériels et moraux des journalistes est ainsi considérée comme un facteur clé de qualité et de crédibilité de l’information.
La rencontre a également inclus des présentations techniques sur le cadre juridique des droits de reprographie et les outils numériques en cours de développement, illustrant la volonté des pouvoirs publics de construire un modèle plus équitable, où la circulation de l’information s’accompagne d’une juste rémunération pour ceux qui la produisent.
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