Maroc : vers un rôle clé dans la production de matériaux pour batteries lithium-ion
Le Maroc pourrait devenir un acteur majeur de la chaîne d’approvisionnement en matériaux pour batteries lithium-ion, selon une récente étude publiée sur ScienceDirect. Dans le scénario le plus ambitieux, le Royaume pourrait produire jusqu’à 56.160 tonnes métriques de matériaux stratégiques par an, renforçant ainsi sa position en tant que fournisseur régional pour l’Europe.
Cette opportunité découle de l’essor rapide des véhicules électriques et des systèmes de stockage d’énergie, qui stimule la demande de métaux critiques comme le nickel, le manganèse et le cobalt. L’Europe, soucieuse de sécuriser ses approvisionnements, représente un marché clé pour ces matériaux.
Le Maroc concentre près de 70 % des réserves mondiales de phosphates et possède des gisements nationaux de cobalt, manganèse et nickel. Ces métaux sont essentiels pour les cathodes NMC (nickel-manganèse-cobalt), aujourd’hui dominantes dans les batteries lithium-ion. L’étude souligne que cette richesse permet au pays de dépasser l’exportation de minerais bruts pour se positionner sur des segments à forte valeur ajoutée.
Trois scénarios d’intégration industrielle ont été identifiés :
- Démarrage : 600 tonnes métriques
- Phase intermédiaire : 9.305 tonnes
- Capacité maximale : 56.160 tonnes
Ces niveaux correspondent à des étapes allant de la production de sulfates métalliques de qualité batterie à la fabrication de précurseurs cathodiques. Le scénario avancé permettrait au Maroc de fournir une part significative des besoins européens en matériaux intermédiaires.
Le raffinage est au cœur de cette stratégie. Pour le nickel, la chaîne envisagée inclut extraction, concentration, lixiviation, extraction par solvant et cristallisation afin de produire du sulfate de nickel de qualité batterie. Pour le manganèse, la production de sulfate de manganèse monohydraté (HPMSM) destiné aux cathodes NMC est jugée stratégique. Cette approche positionne le Maroc sur les segments intermédiaires de la chaîne de valeur, entre extraction et fabrication de cellules.
L’étude souligne que cette trajectoire permettrait de capter plus de valeur tout en limitant les risques liés à la production de cellules. La proximité logistique avec l’Europe, les infrastructures portuaires, l’écosystème automobile local et les accords commerciaux avec l’Union européenne constituent des atouts supplémentaires. Néanmoins, le succès nécessitera d’importants investissements, des transferts technologiques et une coordination industrielle nationale soutenue.
En définitive, le niveau d’intégration choisi déterminera le rôle futur du Maroc dans la filière européenne des batteries, lui offrant la possibilité de s’affirmer comme un fournisseur stratégique de matériaux intermédiaires, au cœur de la transition énergétique mondiale.
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