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MBS à Washington : sécurité, Iran et Israël au cœur d’une visite décisive

Samedi 15 Novembre 2025 - 11:41
MBS à Washington : sécurité, Iran et Israël au cœur d’une visite décisive

Pour la première fois depuis sept ans, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est attendu à Washington pour une visite de trois jours centrée sur la sécurité régionale et les enjeux diplomatiques entre Riyad et Washington. Selon plusieurs experts, le dirigeant saoudien cherchera à obtenir des garanties solides de la part des États-Unis, tandis que le président Donald Trump devrait insister sur la reprise des discussions visant à normaliser les relations entre l’Arabie Saoudite et Israël.

Cette visite représente un moment délicat, puisqu’il s’agit du premier retour du prince à la Maison Blanche depuis l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, une affaire qui avait provoqué une onde de choc internationale et détérioré les liens entre les deux pays. Malgré cela, Mohammed ben Salmane a conservé une relation privilégiée avec Donald Trump, accueilli en grande pompe à Riyad plus tôt dans l’année, où des promesses d’investissements de 600 milliards de dollars avaient été annoncées.

Selon Aziz Alghashian, du Arab Gulf States Institute, le prince poursuivra trois objectifs : renforcer, consolider et faciliter la coopération sécuritaire et militaire. Cette initiative intervient quelques semaines après des frappes israéliennes ayant visé le Qatar, allié de Washington, ce qui a ravivé les inquiétudes des pays du Golfe. Doha a d’ailleurs obtenu un décret signé par Donald Trump garantissant sa protection en cas de nouvel assaut, un engagement que plusieurs États du Golfe, dont l’Arabie Saoudite, souhaiteraient également obtenir.

Riyad ambitionne aussi d’avoir accès à des équipements militaires de pointe, comme des systèmes antimissiles avancés, des puces électroniques stratégiques nécessaires à ses projets en intelligence artificielle, ou encore les avions furtifs F-35, dont Israël est pour l’instant le seul détenteur dans la région.

Washington souhaite toutefois conditionner ces avancées à des gestes diplomatiques concrets sur le dossier israélien. Donald Trump a rappelé son souhait de voir l’Arabie Saoudite rejoindre les accords d’Abraham, une perspective aujourd’hui freinée par la guerre à Gaza. Avant le conflit, des pourparlers avaient été engagés entre les deux pays, en échange de garanties américaines en matière de sécurité et d’énergie. Mais Riyad a depuis fixé une condition claire : aucune normalisation ne sera possible sans la création d’un État palestinien. « Nous l’avons dit à plusieurs reprises », a insisté Manal Radwan, responsable au ministère saoudien des Affaires étrangères, lors d’une conférence au Bahreïn, tout en déplorant que cette position soit encore mal comprise.

La visite du prince coincide également avec un forum d’investissement américano-saoudien à Washington, consacré notamment à l’énergie et à l’intelligence artificielle, témoignant de la volonté du royaume d’accélérer sa transformation économique dans le cadre de Vision 2030. Riyad cherche par ailleurs à apaiser les tensions régionales, y compris avec l’Iran. Manal Radwan affirme que le royaume continuera d’offrir ses « bons offices » sur ce dossier, ajoutant que des discussions directes entre Téhéran et Washington sont indispensables pour progresser sur le nucléaire.

Selon Andreas Krieg, du King’s College de Londres, l’enjeu de cette visite est de poser les bases d’un cadre durable entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite, capable de dissuader l’Iran de franchir le seuil nucléaire et de soutenir la transformation économique saoudienne. En contrepartie, Washington exigera des garanties sur les liens sensibles de Riyad avec la Chine, des progrès sur la question israélienne et une perspective crédible pour les Palestiniens.

La proximité entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane pourrait faciliter ces discussions. Lors de son premier mandat, cette relation avait permis des avancées sur plusieurs dossiers, dont la Syrie. Donald Trump affirme avoir levé les sanctions contre Damas après avoir été convaincu par le prince saoudien d’accompagner la transition post-Assad, ouvrant la voie à la reconnaissance d’Ahmad el-Chareh, aujourd’hui reçu à la Maison Blanche.

Reste à savoir si cette nouvelle visite permettra de concrétiser les ambitions sécuritaires du royaume et de relancer un processus diplomatique complexe, sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient.

 



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