Migration à Sebta : une association marocaine des droits des femmes appelle à une réponse centrée sur l’humain
La Fédération de la Ligue des droits des femmes (FLDF) a exprimé sa vive préoccupation face aux récents événements migratoires survenus aux abords de Sebta, qu’elle qualifie de « catastrophe humanitaire ». L’organisation estime que l’ampleur du phénomène et le profil des personnes concernées imposent une approche privilégiant les droits humains et les considérations humanitaires, au-delà de la seule dimension sécuritaire.
Dans une réaction rendue publique, la Fédération souligne que les tentatives de migration irrégulière observées ces derniers jours impliquent non seulement des jeunes hommes, mais également des femmes, des jeunes filles, des mineurs et des familles entières. Selon l’association, cette évolution met en évidence une aggravation des fragilités sociales et appelle à une réflexion plus large sur les facteurs qui alimentent ces mouvements.
La présidente de la FLDF, Samira Mouhiya, considère que ces événements traduisent une vulnérabilité sociale croissante touchant différentes catégories de la population. À ses yeux, la multiplication des départs ne peut être comprise uniquement sous l’angle du contrôle des frontières, mais doit également être analysée à travers les difficultés économiques et sociales auxquelles sont confrontés de nombreux citoyens.
L’organisation indique suivre de près la situation afin de recueillir des informations sur les femmes et les jeunes filles impliquées dans ces tentatives de passage. Elle reconnaît toutefois que les moyens humains et logistiques dont dispose la société civile restent insuffisants pour assurer un suivi exhaustif de l’ensemble des cas.
La Fédération fait également état d’un sentiment de préoccupation grandissant au sein des organisations de défense des droits humains, estimant que les ressources actuellement disponibles ne permettent pas de répondre efficacement à l’ampleur de la crise.
Pour Samira Mouhiya, les politiques publiques en matière d’emploi, d’éducation et de santé occupent une place centrale dans la compréhension de ce phénomène. Elle estime que la lutte contre la migration irrégulière passe par des réponses structurelles favorisant l’insertion économique, l’accès à des services publics de qualité et le renforcement de la protection sociale, notamment au profit des jeunes et des femmes.
Dans cette perspective, la Fédération envisage la création d’une cellule de veille, en partenariat avec une organisation de défense des droits humains implantée dans le nord du Maroc et avec son antenne de Larache. Cette initiative vise à améliorer le suivi des situations sur le terrain, même si l’association souligne que son déploiement reste conditionné à la disponibilité de moyens suffisants.
L’organisation appelle enfin à une évaluation approfondie de l’impact concret des politiques publiques sur les conditions de vie de la population. Selon elle, la réponse durable au phénomène migratoire passe avant tout par des actions capables de réduire la précarité, de renforcer les perspectives d’avenir et de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.
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