Mineurs à Sebta : Madrid confirme 1 527 cas et renforce la coordination avec le Maroc
Le gouvernement espagnol a actualisé le nombre de mineurs enregistrés après l’entrée massive survenue à Sebta. 1 527 mineurs ont été recensés par la délégation du gouvernement et les commissariats de la Police nationale, a indiqué mardi le ministre espagnol de la Présidence, de la Justice et des Relations avec le Parlement, Félix Bolaños.
Lors d’une déclaration à la presse à Almería, le responsable espagnol a placé le regroupement familial au Maroc au sommet des priorités de Madrid. Selon lui, les autorités espagnoles et marocaines partagent l’objectif de permettre à chacun de ces mineurs de retrouver sa famille.
Madrid met en avant le regroupement familial
Félix Bolaños a affirmé que la coordination entre l’Espagne et le Maroc devait permettre d’avancer vers le retour des mineurs auprès de leurs proches. Cette démarche constitue, selon le ministre, la priorité du gouvernement espagnol dans la gestion de cette situation.
En parallèle, l’Exécutif central assure travailler avec les autorités de Sebta, compétentes pour la prise en charge des mineurs, afin de garantir leurs besoins essentiels. Madrid insiste également sur la nécessité d’assurer un accueil conforme aux droits humains et de placer l’intérêt supérieur des mineurs au centre des décisions.
La situation mobilise ainsi à la fois les autorités centrales espagnoles, les institutions de Sebta et les interlocuteurs marocains, dans un contexte où la question du retour des mineurs demeure particulièrement sensible.
Des tensions politiques autour de la prise en charge
Le dossier a également pris une dimension politique en Espagne. Félix Bolaños a opposé l’approche défendue par le gouvernement central à celle de plusieurs exécutifs régionaux auxquels participent le Parti populaire (PP) et Vox.
Le ministre a notamment vivement critiqué les prises de position de responsables de Vox concernant les migrants. Il a dénoncé un discours qu’il considère comme violent et incompatible, selon lui, avec les principes démocratiques.
Félix Bolaños a également qualifié Vox de formation « d’extrême droite » et appelé les forces démocratiques à empêcher les partis adoptant de telles positions d’accéder aux institutions.
Le PP et Vox au centre des critiques
Le ministre espagnol a directement mis en cause le Parti populaire, auquel il reproche de permettre à Vox de peser sur les politiques conduites dans certaines régions où les deux formations gouvernent ensemble.
Il a notamment cité la Junte d’Andalousie pour illustrer cette situation. Cette critique intervient alors que la question migratoire occupe une place importante dans le débat politique espagnol et que la gestion des mineurs étrangers non accompagnés demeure un sujet de tension entre le gouvernement central et plusieurs territoires.
Pour Madrid, le dossier de Sebta constitue donc à la fois un enjeu humanitaire et une question de coopération avec le Maroc. Avec 1 527 mineurs désormais recensés, l’objectif affiché par le gouvernement espagnol est de privilégier les démarches permettant leur regroupement familial, tout en assurant leur protection durant leur prise en charge.
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