MINURSO : Washington pousse pour une nouvelle dynamique politique sur le Sahara
À l’approche de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, le dossier du Sahara marocain revient au centre de l’agenda diplomatique américain. L’administration de Donald Trump entend privilégier une dynamique politique susceptible de produire des avancées, plutôt que de s’inscrire dans la seule logique des renouvellements successifs de la mission onusienne dans la région.
Selon une déclaration d’un haut responsable américain rapportée par ABC, Washington travaille avec les Nations unies dans le cadre d’un « processus politique actif », avec l’objectif affiché de faire progresser le règlement du conflit.
Washington veut donner une nouvelle impulsion au dossier
Le dossier du Sahara figure depuis plusieurs décennies parmi les questions traitées par les Nations unies. La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara (MINURSO) est présente dans la région depuis 1991, à la suite du cessez-le-feu conclu entre le Maroc et le Front Polisario.
Pour l’administration Trump, la reconduction régulière du mandat de la mission ne doit toutefois pas constituer l’unique horizon du processus. Le responsable américain cité par ABC a ainsi insisté sur la nécessité de parvenir à des résultats politiques.
Cette orientation s’inscrit dans une approche américaine qui soutient depuis plusieurs années un processus conduit sous l’égide des Nations unies. Le Département d’État américain avait notamment indiqué que Washington soutenait le rôle de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU et considérait le plan marocain d’autonomie comme une approche possible pour parvenir à un règlement.
Le mandat de la MINURSO arrive à échéance fin octobre
La réflexion américaine intervient alors que le mandat actuel de la MINURSO doit arriver à échéance le 31 octobre 2026, selon les éléments fournis dans le dossier.
Washington étudie ainsi l’évolution possible du rôle de la mission et la manière dont celle-ci pourrait s’inscrire dans une stratégie davantage centrée sur le processus politique. Cette réflexion intervient parallèlement aux discussions menées à l’ONU sur l’avenir de ses opérations de maintien de la paix.
Le dossier devrait donc occuper une place particulière dans les échanges diplomatiques de la semaine de haut niveau, qui réunit à New York les dirigeants et chefs de diplomatie des États membres.
La reconnaissance américaine de 2020 reste un élément central
La position actuelle de Washington s’inscrit également dans le prolongement de la décision prise en décembre 2020 par la première administration Trump de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Le Département d’État américain avait alors publié une nouvelle doctrine cartographique reflétant cette reconnaissance.
Cette décision constitue depuis un élément majeur des relations entre Rabat et Washington. Les deux pays entretiennent par ailleurs une coopération étroite dans plusieurs domaines, notamment la sécurité, la défense et les questions régionales.
Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont également réaffirmé leur soutien au processus politique mené sous l’égide de l’ONU. Dans une déclaration officielle, Washington avait qualifié le plan marocain d’autonomie de « sérieux, crédible et réaliste », tout en le présentant comme l’une des approches susceptibles de répondre aux aspirations des populations de la région.
Rabat défend son initiative d’autonomie
Le Maroc poursuit de son côté sa démarche diplomatique autour de son initiative d’autonomie, qu’il présente comme le cadre de règlement du différend.
La question demeure toutefois inscrite dans le cadre des Nations unies, où le processus politique implique les différentes parties concernées. Le rôle de la MINURSO et les modalités de son mandat font régulièrement l’objet de discussions au Conseil de sécurité.
Dans ce contexte, la volonté américaine de mettre davantage l’accent sur les résultats politiques pourrait donner une nouvelle dimension aux prochaines discussions à New York. Elle intervient à un moment où le renouvellement du mandat de la MINURSO doit être examiné à l’approche de son échéance.
Un dossier attendu à New York
La semaine de haut niveau de l’Assemblée générale offre ainsi un cadre important pour les consultations diplomatiques autour du Sahara. Pour Washington, l’enjeu consiste désormais à accompagner le processus onusien tout en recherchant une évolution susceptible de dépasser la répétition des échéances annuelles liées au mandat de la mission.
La position américaine demeure, à ce stade, articulée autour de deux éléments : la reconnaissance par Washington de la souveraineté marocaine sur le Sahara, annoncée en 2020, et le soutien à un processus politique sous l’égide des Nations unies.
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