Mondial 2026 : La Fifa convoque l'Iran à Zurich pour lever les zones d'ombre
À l'approche du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026, le dossier iranien s'invite sur le terrain diplomatique. Dans un climat de tensions extrêmes au Moyen-Orient, l'instance faîtière du football mondial a pris une décision forte : convoquer la Fédération iranienne de football (FFIRI) pour une réunion de travail cruciale à Zurich. Prévue avant le 20 mai, cette rencontre doit sceller les modalités de participation de la « Team Melli » à l'événement planétaire.
Un cadre sécuritaire et diplomatique complexe
L'incertitude qui plane sur la présence iranienne ne relève pas du sportif, mais d'une situation régionale qui s'est brutalement dégradée depuis la fin février. Les récentes frappes menées par Israël et les États-Unis contre des cibles iraniennes ont fait craindre une mise au ban de la sélection nationale.
Pourtant, Gianni Infantino, président de la Fifa, maintient une ligne de conduite inébranlable. Depuis Vancouver, lors du 76e Congrès de l'instance, il a tenu à dissiper les doutes : « L’Iran participera évidemment à la Coupe du monde 2026. Et bien entendu, l’Iran jouera aux États-Unis ». Cette position a reçu un aval inattendu de la part de Donald Trump. Le dirigeant américain, co-organisateur du tournoi, a tempéré le jeu diplomatique en affirmant aux journalistes : « S'il faut les laisser jouer, laissons-les jouer ».
Le casse-tête logistique et réglementaire
Malgré ces garanties politiques, le chemin vers le gazon américain est semé d'embûches administratives. Les relations avec le Canada, autre pays hôte, sont au point mort. La délégation iranienne a d'ailleurs boycotté le congrès de Vancouver après avoir dénoncé un accueil « insultant » des services d'immigration à l'aéroport de Toronto.
Au-delà de l'accueil aéroportuaire, un obstacle juridique majeur subsiste : le Canada a officiellement classé les Gardiens de la révolution iranienne comme organisation terroriste. Or, Mehdi Taj, le président de la fédération iranienne, est un ancien membre de cette entité, ce qui pose un problème de légalité pour son entrée sur le sol canadien.
Zurich, le théâtre de la dernière chance ?
Le rendez-vous en Suisse s'annonce donc tendu. Mehdi Taj, de retour à Téhéran, a confirmé son intention de s'entretenir avec les responsables de la Fifa pour aborder ces « nombreux sujets ». Entre la nécessité de garantir la sécurité des joueurs, d'assurer l'obtention des visas et de respecter les législations nationales des pays hôtes, la Fifa joue gros. L'enjeu est de taille : préserver l'unité du football tout en naviguant dans les eaux troubles de la géopolitique mondiale.
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