Mondial 2030 : le parti espagnol Sumar demande une révision de la coorganisation avec le Maroc
La controverse autour de la Coupe du monde 2030 prend une nouvelle dimension en Espagne. Après une initiative similaire venue du Portugal, le groupe parlementaire de gauche Sumar a déposé au Congrès une proposition non législative demandant au gouvernement espagnol de réexaminer le modèle de coorganisation du tournoi avec le Maroc et le Portugal, à la suite des récents événements survenus à la frontière de Sebta.
Cette démarche intervient alors que le tournoi doit être organisé conjointement par les trois pays, avec des rencontres inaugurales prévues en Uruguay, en Argentine et au Paraguay pour célébrer le centenaire de la première Coupe du monde.
Une demande adressée au gouvernement espagnol
Le texte, porté par plusieurs députés d’Izquierda Unida, membre de Sumar, invite l’exécutif espagnol à informer officiellement la FIFA, la Fédération royale espagnole de football (RFEF) ainsi que le gouvernement portugais de la nécessité d’évaluer le dispositif actuel de coorganisation.
Selon les auteurs de la proposition, l’organisation d’un événement sportif de cette ampleur mobilise d’importantes ressources publiques, engage les États sur le plan des infrastructures et contribue à leur image internationale. Ils estiment que ces engagements doivent s’accompagner du respect des principes liés aux droits humains et au droit international.
Des mécanismes de contrôle réclamés
Le groupe parlementaire demande également que la RFEF sollicite les mécanismes institutionnels de la FIFA afin d’examiner le respect de ses statuts et de sa politique en matière de droits humains.
Par ailleurs, Sumar souhaite la réalisation d’une étude indépendante consacrée aux risques liés aux droits humains dans les pays hôtes. Ce rapport, selon la proposition, devrait être transmis au Congrès espagnol dans un délai de six mois.
Les députés réclament également une évaluation spécifique des conséquences des événements survenus à Sebta sur les engagements associés à l’organisation du Mondial 2030, ainsi que d’éventuelles mesures supplémentaires si des manquements étaient établis.
Une réforme des procédures souhaitée
Au-delà de la situation actuelle, Sumar appelle la FIFA à revoir les critères d’attribution et de suivi des grandes compétitions internationales. Le groupe propose notamment l’intégration de clauses permettant de réexaminer ou de retirer le statut de pays hôte en cas de violations graves des engagements pris.
Les parlementaires demandent également que toute la lumière soit faite sur les événements de Sebta, notamment à travers l’identification des personnes décédées ou disparues, l’établissement des responsabilités et le renforcement des dispositifs de protection et de secours.
Cette initiative intervient quelques jours après la démarche du parti écologiste portugais Livre, qui a lui aussi appelé à une révision de la participation du Maroc à l’organisation du tournoi. À ce stade, ni la FIFA ni les gouvernements concernés n’ont annoncé de modification du calendrier ou du modèle de coorganisation de la Coupe du monde 2030.
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