Mozambique : 177 enfants impliqués dans l'exploitation minière artisanale
Le gouvernement mozambicain intensifie ses efforts pour lutter contre le travail des enfants dans les sites d’exploitation minière artisanale, un phénomène qui continue d’inquiéter les autorités et les organisations internationales dans plusieurs régions du pays.
Dans la province centrale de Manica, 177 enfants sont actuellement recensés dans des activités minières artisanales, selon les autorités locales. Parmi eux figurent 111 garçons et 66 filles, impliqués dans des travaux liés principalement à l’extraction d’or.
Les autorités provinciales assurent toutefois que ce chiffre marque une diminution par rapport aux années précédentes. Selon Bartolomeu António, directeur provincial des Services de santé, de la femme et de l’action sociale, près de 700 enfants étaient auparavant concernés par ce type d’activités dans la région.
Face à cette situation, les services gouvernementaux ont engagé des actions de sensibilisation auprès des familles et des tuteurs afin de favoriser le retrait progressif des enfants des zones minières et leur réintégration dans le système éducatif national.
Les autorités indiquent également travailler en coordination avec les forces de sécurité pour renforcer le contrôle des activités minières artisanales et limiter l’exploitation des mineurs dans ces sites souvent informels et dangereux.
Le sujet reste particulièrement sensible dans la province de Manica, devenue ces dernières années l’un des principaux pôles aurifères du Mozambique. L’exploitation artisanale y attire quotidiennement des milliers de personnes à la recherche de revenus rapides, malgré des conditions de travail précaires et des risques élevés d’accidents.
En avril dernier, l’effondrement d’une mine d’or illégale dans la région de Seis Carros avait provoqué la mort de dix personnes et fait plusieurs blessés graves, rappelant la dangerosité des exploitations non réglementées.
Selon les autorités locales, la ruée vers l’or concerne des populations de tous âges et de différents profils sociaux. Des hommes, des femmes et parfois même des fonctionnaires quittent temporairement leur activité professionnelle pour tenter de profiter des revenus générés par l’exploitation artisanale.
Face à cette réalité, le gouvernement mozambicain a décidé, en septembre dernier, de suspendre l’ensemble des licences minières dans la province de Manica. Une commission interministérielle a également été mise en place afin de revoir les mécanismes d’attribution des autorisations, renforcer les contrôles et accélérer les programmes de restauration environnementale.
La problématique du travail des enfants dans les mines s’inscrit dans un contexte social plus large marqué par la pauvreté et la vulnérabilité des populations. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a récemment alerté sur la situation des enfants au Mozambique, estimant qu’ils restent fortement exposés à des crises multiples liées notamment à la malnutrition, aux mariages précoces et à la précarité économique.
L’an dernier, la ministre mozambicaine de l’Éducation et de la Culture, Samaria Tovela, avait déjà reconnu publiquement l’existence du phénomène et appelé à une mobilisation collective afin de protéger les enfants contre cette forme d’exploitation.
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