Mozambique : les investissements étrangers reculent de 24 % au premier semestre 2026
Le Mozambique voit les investissements directs étrangers (IDE) ralentir nettement au premier semestre 2026. Selon les données de la Banque du Mozambique, les flux nets ont atteint 1,918 milliard de dollars entre janvier et juin, contre 2,529 milliards de dollars sur la même période un an plus tôt. Cette évolution représente une baisse de 24,1 % sur un an.
Le repli s’est surtout accentué au deuxième trimestre. Après avoir enregistré 1,328 milliard de dollars au cours des trois premiers mois de l’année, le pays n’a attiré que 589,95 millions de dollars entre avril et juin, soit une diminution de 55,6 % par rapport au trimestre précédent.
Cette évolution traduit un essoufflement des flux d’investissement après une année 2025 particulièrement dynamique. Sur l’ensemble de l’année dernière, les IDE avaient atteint 5,693 milliards de dollars, progressant de 60,2 % par rapport à 2024. Cette performance avait largement reposé sur l’avancement de plusieurs grands projets liés aux ressources naturelles.
L’industrie extractive reste, en 2026, le principal moteur de l’investissement étranger au Mozambique. Elle a capté environ 1,620 milliard de dollars au cours des six premiers mois, représentant à elle seule 84,5 % des IDE enregistrés sur la période. À distance, le secteur manufacturier a attiré 139,3 millions de dollars.
La structure des financements confirme également le poids des opérations liées aux grands projets. Les prêts accordés par les actionnaires ainsi que les crédits commerciaux ont représenté 1,144 milliard de dollars, soit 59,6 % des flux. Les investissements sous forme de prises de participation et d’autres apports au capital ont, pour leur part, atteint près de 775 millions de dollars.
Le contraste avec 2025 est particulièrement marqué. L’année dernière, les industries extractives concentraient 91,5 % des investissements directs étrangers, tandis que le secteur manufacturier ne représentait que 2,1 %. La progression des flux avait alors été soutenue par les capitaux destinés notamment au pétrole et au gaz, avec des opérations de prospection et d’exploration dans le bassin de Rovuma. La reprise de certaines activités dans le charbon et les sables lourds avait également contribué à renforcer les entrées de capitaux.
Derrière ces chiffres se dessine ainsi une économie dont l’attractivité internationale demeure fortement liée à ses ressources naturelles. Le gaz naturel, le graphite et le charbon continuent d’occuper une place centrale dans les stratégies des investisseurs étrangers, alors que la diversification vers des activités à plus forte valeur ajoutée reste limitée.
Cette dépendance s’inscrit toutefois dans un environnement d’affaires complexe. Dans la province de Cabo Delgado, la persistance de l’insécurité liée à l’activité de groupes armés continue de peser sur les opérations économiques et les chaînes logistiques. À cela s’ajoutent les conséquences des tensions politiques apparues après les élections de 2024, qui ont notamment donné lieu à des mouvements de contestation, des grèves et des perturbations de la circulation.
Ces facteurs peuvent compliquer le fonctionnement de certains sites miniers et commerciaux et accroître les incertitudes auxquelles sont confrontés les investisseurs. Ils constituent également un enjeu pour les autorités mozambicaines, qui cherchent à transformer l’abondance des ressources naturelles en une croissance économique plus largement répartie.
À court et moyen terme, le secteur gazier devrait continuer à soutenir les statistiques d’IDE, notamment avec la poursuite des investissements liés aux grands projets énergétiques. Mais la faiblesse persistante des investissements en dehors des industries extractives souligne un défi structurel : parvenir à utiliser l’afflux de capitaux liés aux ressources naturelles comme levier pour développer durablement l’industrie, les services et les autres segments de l’économie.
Le recul enregistré au premier semestre 2026 ne remet donc pas en cause l’attractivité du Mozambique pour les investisseurs internationaux, mais il met en évidence la volatilité de ses flux et leur concentration autour d’un nombre limité de secteurs. Pour renforcer durablement son attractivité, le pays devra notamment améliorer la diversification de son tissu productif et réduire les risques susceptibles de freiner l’investissement dans les activités non extractives.
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