Mozambique : les catastrophes naturelles et les conflits provoquent une explosion des déplacements internes
Le Mozambique continue de faire face à une pression humanitaire majeure sous l’effet combiné des catastrophes climatiques et de l’instabilité sécuritaire. Selon une étude publiée par le Centre de suivi des déplacements internes (IDMC), le pays a enregistré en 2025 le plus important volume de déplacements internes en Afrique subsaharienne liés aux catastrophes naturelles.
Le rapport révèle que près de 669.000 déplacements ont été recensés au Mozambique au cours de l’année, sur un total régional estimé à 2,9 millions de mouvements de population provoqués par des événements climatiques extrêmes. Une situation qui illustre la vulnérabilité croissante de plusieurs pays africains face aux dérèglements météorologiques.
Les cyclones tropicaux ont particulièrement marqué la saison 2024-2025. Le cyclone Jude aurait provoqué à lui seul près de 493.000 déplacements, tandis que Dikeledi et Chido ont entraîné respectivement 167.000 et plus de 142.000 mouvements de population, principalement dans la province de Nampula, au nord du pays.
Les auteurs de l’étude soulignent que la façade orientale de l’Afrique australe reste régulièrement exposée aux cyclones entre octobre et mars. La succession rapide d’événements climatiques de forte intensité accentue les risques humanitaires et complique les opérations de reconstruction dans les zones déjà fragilisées.
Au-delà des catastrophes naturelles, le conflit armé qui secoue la province de Cabo Delgado continue également d’alimenter les déplacements internes. Selon les données relayées par l’IDMC, près de 339.000 déplacements supplémentaires ont été enregistrés en 2025 en raison des violences persistantes dans cette région riche en ressources gazières.
Depuis le déclenchement de l’insurrection armée en 2017, Cabo Delgado est devenu l’un des principaux foyers d’instabilité en Afrique australe. La crise sécuritaire y a provoqué des milliers de morts et déplacé plus d’un million de personnes au fil des dernières années.
Les autorités mozambicaines et plusieurs organisations humanitaires doivent désormais gérer une double urgence : répondre aux conséquences immédiates des événements climatiques extrêmes tout en maintenant l’assistance aux populations affectées par le conflit.
Les dernières saisons des pluies ont particulièrement mis à rude épreuve les infrastructures locales. Entre 2024 et 2025, les cyclones Chido, Dikeledi et Jude ont causé la mort d’au moins 313 personnes et touché plus de 1,8 million d’habitants à travers le pays.
Les données de l’Institut national de statistique montrent également qu’entre 2019 et 2023, les phénomènes météorologiques extrêmes ont entraîné plus de 1.000 décès et affecté près de 4,9 millions de personnes au Mozambique.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs alertent sur la nécessité de renforcer les politiques de résilience climatique, les infrastructures de prévention des risques et les mécanismes régionaux de gestion des crises humanitaires, alors que les épisodes climatiques violents tendent à devenir plus fréquents dans la région.
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