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Nabila Mounib propose une loi d’amnistie générale pour les jeunes du mouvement GenZ212
La députée Nabila Mounib a déposé, lundi, une proposition de loi visant à instaurer une amnistie générale en faveur des personnes interpellées ou poursuivies dans le cadre des manifestations du mouvement GenZ212, déclenché le 27 septembre 2025 dans plusieurs villes du Royaume. Cette initiative se veut, selon la députée, un geste politique et social destiné à restaurer la confiance entre l’État et une jeunesse en quête d’écoute et de reconnaissance.
La proposition de texte prévoit l’effacement complet de toute trace judiciaire ou administrative liée aux faits survenus dans le cadre du mouvement, équivalant à une reconnaissance de l’innocence des personnes concernées. L’amnistie entraînerait l’extinction immédiate des poursuites en cours ainsi que l’annulation des condamnations prononcées.
Pour garantir son application, le projet propose la création d’une commission interministérielle, placée sous la tutelle du ministère de la Justice, chargée de superviser la libération des détenus et la mise à jour des registres judiciaires. L’entrée en vigueur serait immédiate dès la publication de la loi au Bulletin officiel.
Ce texte intervient dans un contexte post-mobilisation tendu. Le mouvement GenZ212, né d’un mécontentement lié à la cherté de la vie, au chômage et à la précarité sociale, avait donné lieu à de vastes rassemblements, parfois suivis d’affrontements avec les forces de l’ordre. Selon le Parquet général, les manifestations ont entraîné 5.780 arrestations et 2.480 poursuites judiciaires, des chiffres qui soulignent l’ampleur du phénomène.
Cette initiative relance le débat sur la place de la jeunesse dans le paysage politique marocain. Pour ses défenseurs, elle incarne une volonté de réconciliation et une opportunité de repenser les politiques publiques à l’égard d’une génération qui exprime un sentiment de marginalisation. Pour ses détracteurs, elle soulève des interrogations quant à la responsabilité individuelle et à l’ordre public.
Elle pose également la question de la maturité du Parlement marocain et de sa capacité à faire avancer des propositions issues de l’opposition. Les précédents sont peu encourageants : les appels à une amnistie élargie pour les détenus du Hirak du Rif, de Jerada ou de Figuig n’avaient pas abouti. Par ailleurs, les statistiques du ministère de la Justice montrent que moins de 2 % des propositions de loi déposées par l’opposition ont été adoptées au cours des dix dernières années, révélant la prédominance de l’Exécutif dans le processus législatif.
Si la portée symbolique de cette proposition est forte, notamment pour les familles concernées et une partie de la jeunesse, son sort dépendra in fine d’un choix politique : celui de transformer ce geste en signal d’apaisement national, ou de maintenir la ligne sécuritaire qui a prévalu jusqu’ici.