Nigeria : le gouvernement annonce une phase de consolidation et table sur 4,68 % de croissance en 2026
Après deux années de réformes marquées par des ajustements douloureux, le Nigeria affirme entrer dans une nouvelle séquence économique. Le gouvernement anticipe une croissance de 4,68 % en 2026, portée par le reflux de l’inflation, une plus grande stabilité monétaire et la poursuite des transformations structurelles engagées depuis l’arrivée au pouvoir du président Bola Tinubu.
Cette projection a été dévoilée jeudi par le ministre des Finances, Wale Edun, à l’occasion du lancement du rapport national sur les perspectives macroéconomiques. Selon lui, le pays a dépassé la phase de gestion de crise pour s’installer dans un cycle de consolidation, censé traduire la stabilisation des équilibres en croissance durable, en création d’emplois et en amélioration du niveau de vie.
Une prévision plus optimiste que celles des institutions
L’estimation gouvernementale dépasse les dernières projections publiées par les partenaires financiers du pays. Fin 2025, la Banque centrale du Nigeria anticipait une croissance de 4,49 %, tandis que la Banque mondiale avançait plus récemment un chiffre de 4,4 %. Pour Wale Edun, cet écart reflète l’impact progressif des réformes engagées, notamment la suppression des subventions aux carburants et l’unification des taux de change, qui ont contribué à rétablir certains fondamentaux macroéconomiques.
Le ministre estime que ces décisions ont permis de poser « une base pour une expansion durable », en restaurant la confiance des investisseurs et en réduisant les distorsions qui pesaient sur l’économie.
Inflation en repli et monnaie plus stable
Les indicateurs récents confirment une amélioration progressive de l’environnement macroéconomique. Après avoir dépassé les 33 % en 2024, l’inflation est retombée à 14,45 % en novembre 2025. Elle devrait s’établir en moyenne autour de 16,5 % en 2026, selon les prévisions officielles.
Sur le marché des changes, la volatilité s’est atténuée, avec un naira qui s’échange désormais à moins de 1 500 unités pour un dollar. Les réserves de change ont parallèlement atteint 45,5 milliards de dollars, renforçant la capacité du pays à faire face à ses engagements extérieurs.
Une nouvelle vague de réformes annoncée
Pour autant, le ministre des Finances prévient que cette phase de consolidation ne doit pas rimer avec relâchement. Le gouvernement entend au contraire lancer une nouvelle génération de réformes structurelles. Celles-ci incluent la numérisation complète de la collecte des recettes publiques, le renforcement de la transparence budgétaire et la mise en place d’un cadre fiscal présenté comme plus équitable.
Ce dispositif devrait exonérer les denrées alimentaires de base et les petites entreprises, tout en élargissant l’assiette fiscale afin d’améliorer les ressources de l’État. D’autres mesures viseront à améliorer le climat des affaires et à investir davantage dans le capital humain, considéré comme un levier central de compétitivité à moyen terme.
La question sensible de la dette publique
Face aux inquiétudes suscitées par l’augmentation récente de la dette publique, estimée à environ 152 000 milliards de nairas, Wale Edun a tenu à nuancer le diagnostic. Selon lui, une part significative de cette hausse résulte d’une meilleure transparence comptable et de la réévaluation de la dette extérieure après la réforme du taux de change, plutôt que de nouveaux emprunts massifs.
Il a précisé qu’environ 30 000 milliards de nairas correspondent à des soutiens antérieurs de la Banque centrale, et près de 49 000 milliards à l’effet mécanique de la dépréciation du naira. Malgré l’augmentation en valeur nominale, le ratio dette/PIB serait redescendu à 36,1 %, un niveau présenté comme l’un des plus bas du continent et nettement inférieur à la moyenne mondiale.
Un tournant encore fragile
L’exécutif nigérian affiche ainsi une confiance renouvelée dans la trajectoire de l’économie. Reste que la transformation de la stabilisation macroéconomique en prospérité partagée demeure le principal défi. La réussite de cette phase de consolidation dépendra de la capacité des réformes à produire des effets tangibles sur l’emploi, le pouvoir d’achat et l’attractivité du pays, dans un environnement régional et international toujours incertain.
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