Nigeria : l’ancien ministre de l’Énergie Saleh Mamman condamné à 75 ans de prison pour fraude financière
La justice du Nigeria a prononcé une lourde condamnation contre l’ancien ministre de l’Énergie Saleh Mamman, reconnu coupable dans une vaste affaire de blanchiment d’argent et de détournement de fonds liés à des projets énergétiques publics.
La Haute Cour fédérale d’Abuja a condamné mercredi l’ex-responsable gouvernemental à une peine cumulée de 75 ans de prison après l’avoir déclaré coupable des douze chefs d’accusation retenus contre lui par Economic and Financial Crimes Commission, l’organisme nigérian chargé de la lutte contre la corruption et les crimes financiers.
Selon les autorités judiciaires, l’ancien ministre aurait participé à un système de blanchiment portant sur 33,8 milliards de nairas, soit près de 24,7 millions de dollars. Les enquêteurs estiment que ces fonds provenaient d’opérations illicites liées à des projets hydroélectriques financés par l’État nigérian.
Le parquet accuse notamment Saleh Mamman d’avoir utilisé plusieurs sociétés privées afin de dissimuler et transférer les fonds détournés. Les sommes concernées seraient liées à des programmes énergétiques stratégiques destinés à renforcer les infrastructures électriques du pays.
Ancien ministre de l’Énergie en 2019, Saleh Mamman a été condamné par contumace. Le tribunal a ordonné aux services de sécurité nigérians ainsi qu’aux autorités internationales compétentes de procéder à son arrestation afin de permettre l’exécution de la peine.
Cette affaire relance les débats autour de la gouvernance du secteur énergétique au Nigeria, régulièrement confronté à des accusations de corruption, de mauvaise gestion et de détournement de fonds publics.
Les médias locaux soulignent que cette fraude présumée touche un secteur particulièrement sensible pour l’économie nigériane. Malgré son statut de première puissance démographique du continent africain, le Nigeria continue de subir des pénuries chroniques d’électricité en raison d’infrastructures vieillissantes et d’une demande énergétique en forte croissance.
Les difficultés du réseau électrique nigérian représentent depuis plusieurs années un frein important au développement économique du pays, affectant aussi bien les entreprises que les ménages.
Les autorités nigérianes cherchent désormais à renforcer les mécanismes de contrôle des projets publics et à intensifier la lutte contre la corruption dans les secteurs stratégiques, notamment l’énergie et les infrastructures.
Cette condamnation s’inscrit dans une série d’affaires judiciaires visant d’anciens responsables publics dans le cadre des campagnes anti-corruption menées par les institutions fédérales nigérianes.
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