Nigeria : la NNPC ouvre la vente de parts pétrolières et gazières malgré de fortes résistances
La décision de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) d’ouvrir à la vente certaines de ses participations pétrolières et gazières marque un tournant délicat pour le secteur énergétique du Nigeria. Annoncée le 29 décembre, cette initiative vise officiellement à optimiser le portefeuille de la compagnie publique et à attirer de nouveaux capitaux, dans un contexte de pression budgétaire et de production stagnante.
Les actifs concernés incluent des participations détenues directement par la NNPC ainsi que des parts dans des coentreprises opérées avec de grands groupes internationaux, parmi lesquels Shell, Chevron, Eni et TotalEnergies. Si la compagnie n’a communiqué ni sur la valeur attendue des cessions ni sur le périmètre exact des parts mises sur le marché, elle a précisé le calendrier du processus, invitant les investisseurs intéressés à s’enregistrer avant le 10 janvier 2026.
La procédure prévoit une sélection progressive, fondée d’abord sur la solidité technique et financière des candidats, puis sur l’examen détaillé des dossiers et l’obtention des autorisations réglementaires. Les entreprises présélectionnées auront accès à une salle de données virtuelle, étape clé avant toute négociation. À travers cette démarche, la NNPC envisage de céder au moins 25 % de certaines participations, par ventes partielles ou totales, dans une logique de rationalisation de ses actifs.
Derrière cette stratégie se dessine un objectif plus large : redynamiser un secteur pétrolier confronté à des difficultés structurelles. La production de brut peine à retrouver ses niveaux historiques, tandis que plusieurs majors ont progressivement cédé ou réduit leur exposition aux champs terrestres, jugés moins rentables ou plus risqués. En ouvrant son capital sur certains projets, la NNPC espère attirer des investisseurs capables de relancer l’exploitation, notamment sur des actifs marginaux.
Une réforme qui inquiète les acteurs sociaux
Cette orientation ne fait cependant pas l’unanimité. Les principaux syndicats pétroliers, PENGASSAN et NUPENG, ont exprimé de vives réserves. Ils redoutent qu’une réduction significative de la participation de l’État, aujourd’hui comprise entre 55 et 60 %, vers un seuil de 30 à 35 %, ne fragilise les finances publiques et la stabilité de la compagnie nationale.
Les syndicats mettent également en garde contre les conséquences sociales d’un tel mouvement, craignant des répercussions sur l’emploi, les salaires et les avantages acquis des travailleurs. Ils pointent aussi le risque d’une modification du cadre juridique issu de la réforme pétrolière de 2021, estimant qu’un changement précipité pourrait affaiblir la confiance des investisseurs et déséquilibrer davantage le secteur.
Dans ce climat de tensions, les représentants syndicaux ont appelé le président Bola Tinubu à s’impliquer directement dans le dossier, afin de préserver les intérêts stratégiques du pays. Pour eux, l’expérience des précédentes cessions menées par des groupes comme ExxonMobil ou Eni doit servir de leçon sur les risques d’un désengagement trop rapide de l’État.
Entre impératifs financiers, attractivité pour les investisseurs et exigences de souveraineté énergétique, la NNPC avance sur une ligne de crête. Le succès ou l’échec de cette opération pourrait peser durablement sur l’avenir du secteur pétrolier nigérian, pilier historique de l’économie nationale.
-
08:30
-
08:11
-
08:04
-
07:44
-
07:30
-
07:28
-
07:25
-
07:07
-
20:46
-
20:00
-
19:22
-
19:00
-
18:00
-
17:20
-
16:35
-
16:00
-
15:30
-
15:09
-
14:30
-
14:00
-
13:44
-
13:30
-
13:15
-
12:45
-
12:30
-
12:09
-
11:45
-
11:30
-
11:01
-
10:45
-
10:30
-
10:00
-
09:56
-
09:50
-
09:28
-
09:15